samedi, novembre 06, 2010
CHRONIQUES DE L'HOPITAL
Dimanche 7h00 du matin Aéroport Charles de Gaulle
A l'intérieur c'est grand comme une ville. De milliers de personnes vont et viennent.
Des voyageurs vont, seuls, en famille ou en groupe.
des personnels en uniforme viennent, seuls ou en groupe.
Ds militaires armés vont, des policiers viennent, des douaniers, des porteurs, des taxis, des hommes, des femmes, des grands, des petits, des blancs, des noirs...
Les haut parleurs disent d'une voix douce "Papeete", "Los Angeles", "Bangalore".
Ici chacun a quelque chose à faire, en tout cas chacun fait quelque chose.
Une des larges portes qui donnent sur le dehors s'ouvre en coulissant. Entre un homme vêtu d'une chemise de nuit orange jusqu'au milieu de ses maigres mollets, de chaussons bleus et de gants gris en laine.Il est imberbe, il a le visage ridé et d'immenses yeux bleus ébahis.
Il frissonne de froid et frappe ses mains l'une contre l'autre.. Puis il sourit et avance lentement sur le marbre du gigantesque hall.
Au milieu des gens qui vont et des gens qui viennent, lui, il est arrivé.
7H30
Un faux bar de ville au milieu du hall. Trois tables sont occupées, c'est l'heure du petit déjeuner.
Au comptoir, un homme dans la quarantaine, élégant, mince, boit un café. Il ressemble à Dominique de Villepin, encore plus mince.
Il a des cheveux gris mi-longs, permanentés, soignés. Il ne cesse de se regarder dans la glace du comptoir, il se lisse les cheveux avec les deux mains, se regarde encore puis adresse la parole à la serveuse du bar et au gros serveur dans la salle. Un long discours ponctué de lissages de cheveux, de regards dans la glace. Les serveurs font "oui", "oui", "ah!", "oui".
Après plusieurs minutes, l'homme interrompt son discours, se regarde dans la glace, lisse ses cheveux, prend son manteau et son cartable et s'en va. Lorsqu'il s'est éloigné, le gros serveur dit "Quel con !".
7h45
Je vois un enfant brun tenant la main de son père. Je me rappelle que dans deux jours, je serai à l'hôpital.
HOPITAL 1
(Toujours aussi redoutable page blanche) d'autant que je n'ai pas d'ordi sous la main. J'écris "à la main".
Ecrire... Il y a quelques années j'écrivais beaucoup de petites choses. Puis après avoir essayé sans succès d'en écrire une grande, j'ai recommencé les petites choses mais il y en a eu très peu. L'envie et le plaisir n'étaient plus là.
Alors, "peu" a laissé peu à peu la place à "rien". Ou presque rien, à part mes incursions sur le blog. Le plaisir n'était plus là. Il était là quand les pages s'écrivaient toutes seules, sous l'émotion agissante, présente. Plaisir lorsque je découvrais le texte achevé (découverte puisque je ne savais jamais en écrivant un mot quel serait le suivant). Un plaisir qui n'était pas quelque chose de palpable mais à la fois un plein et un vide.
Faut pas chercher à comprendre, vide d'avoir lâché quelque chose, plein de l'avoir lâché. Faut pas chercher à comprendre.
Maintenant j'ai du temps disponible, haché et morcelé puisque c'est le rythme de l'hôpital. Que faire de ce temps en morceaux, puisque je ne puis qu'attendre ? Moi qui ai cru tant de choses ces dernières années, "des choses".
Par exemple que je serai toujours jeune, éternellement. C'est con, je sais que pour ça il faut rencontrer le Diable et faire un pacte. Or, je n'ai rencontré ni le Diable ni son complice, Dieu.
Du coup je suis nu, à l'hôpital (dela fenêtre je ne vois pas la mer, mais Marseille et au delà les collines du massif de l'Etoile)
Oui j'ai cru que je ne vieillirai jamais. Bien sur les enfants ont grandi, bien sur je suis grand père, bien sur mes parents sont devenus très vieux. Mais enfin, cela concernait les autres, pas moi.
Hôpital, je pourrai en profiter pour "sortir de mon corps", d'une manière que j'ignore, ne pas être concerné. Je me dis aussi à d'autres moments que ce doit être une bonne occasion de devenir adulte, occasion que je ferai bien de saisir. D'un côté le fantasme de m'évanouir, de l'autre celui de tout contrôler. Ma tête travaille...
Pourtant l'envie qu'il y a dans mon ventre, c'est accepter. Ouh là le mot new age ! Oh le joli mot que chacun il sait ce que ça veut dire et que même il y a des milliers de livres qui expliquent comment il faut faire (on m'en a même offert un d'ailleurs).
Mais comment on fait, comment je fais ?
Je ne fais rien. Je n'essaye pas de faire, de gagner quoi que ce soit ou de dépasser quelque chose. Rien, ça veut dire ne rien laisser et ne rien prendre.
Ce matin au réveil je bandais. Un bon moyen d'attendre, frustrant mais rassurant.
Un autre moyen d'attendre, écrire les deux premiers mots qui me viennent en tête. Train et autoroute. Tiens, ce sont des mots de fuite.
Encore un autre moyen : devenir végétal, mais attentif.
Ce que j'aimerais par dessus tout, c'est danser.
HOPITAL 2
Il y a un très long couloir, peut-être 100 mètres de sol luisant et sombre. Des petits espaces latéraux avec quelques chaises en acier et une table basse en plastique. Ce sont les lieux de convivialité et ils sont vides.
Marseille a gagné un match de foot par 7 buts à 0, et à six heures pile, prise de sang. Obama battu aux élections de mi mandat et à 9heures, écho Doppler. Hu Jintao en visite à Paris et à 10heures, je descends à la cafétéria manger une part de tarte aux pommes.
J'en profite pour acheter Libé au kiosque.
Libé parle de foot, de Obama, de Hu Jintao.
Heureusement, je suis là pour donner la vraie info.
HOPITAL 3
Maintenant il fait nuit. Dix étages plus bas le Boulevard Sakakini bourdonne et la Ville allume des millions de lumières fragiles et tremblantes.
Plus brutalement que le jour, la nuit souligne qu'il y a un dehors et un dedans et la fifférenceentre ceux qui sont dehors et ceux qui sont dedans. Mais cela ne concerne que les humains. Et les humains, ils passent seulement. Et tous sont dans la Ville, qui est plus grande, plus forte. La Ville reste et restera.
Pourtant elle est un bourdonnement et des lumières fragiles.
HOPITAL 4
Quand j'étais gosse, nous avions l'habitude à la question "Pourquoi.....?" de répondre ".. Pourquoi pas ?" et j'éprouvais alors un sentiment de puissance, clouer le bec à quelqu'un mais aussi j'en devenais un peu mieux convaincu que "pourquoi pas...?".
Pourquoi pas, puisqu'il faut bien faire quelque chose. Parce que ne rien faire c'est mal, c'est ne pas être acteur de sa vie. Parce que ce n'est pas une attitude virile. Alors tant qu'à faire, "pourquoi pas...?"
Sentiment de puissance, mais vain.
Ne pas faire est difficile (d'abord parce que ce n'et pas héroïque).
Etre là où je dois être plutôt que là où je veux être. Comme je dois être plutôt que comme je veux être.
Où ? Ici. Comment ? Comme ça.
Comme en zazen, immobile, silencieux, relâchant les tensions, gardant seulement celles qui sont utiles pour rester droit.
Peur et envie, la Voie du Milieu n'est pas "entre les deux" mais "avec les deux" puisque j'ai peur, puisque j'ai envie.
Entre les deux, avec les deux... Pourquoi pas ?
mardi, octobre 26, 2010
délices, et orgueils

Envie d'été
La terre endormie écoule la pluie
souveraine dénouant le chaud
sable du sablier du ciel
Elle aime aussi la nuit
comme vous
vous aimez la nuit
Fragments
Un long écoulement de chenilles
à mi-bois de l'arbre
lui pour mourir vivre pour elles
mais qu'importe dit-elle
l'étreinte est si belle
Fêlure
L'amante à l'amant
la tentation de Venise
que l'étreinte oblige
lorsque l'âme est en voyage
qu'importent les paysages
l'errance me guide
j'ai la patience tranquille
d'un âne en voyage
Pour vous guetter
dimanche, octobre 24, 2010
Le sens kasher des mots

mercredi, octobre 20, 2010
Si Paul a la tête à Toto, où est la tête à Paul ?

Je consomme
Tu consommes
Il ou elle consomme
Nous sommes cons
Vous consommez
Ils ou elles consomment
Cela dit, consommer, j'aime. Consommateur compulsif j'étais, mais à Mayotte ce n'est pas possible. Donc vous pensez, parce que vous êtes logique sinon vous liriez un autre blog intéressant comme celui-ci, vous pensez "il fait des économies". Eh bien non, et depuis quelques mois je me demande bien comment je fais pour dépenser tous mes sous sans rien acheter.
Pourtant je ne vais pas voir les filles (eh eh ce sont elles qui viennent me voir…), je ne voyage pas tant que ça, je vis dans une maison simple, j'ai une 206 Peugeot, je n'ai aucun frais de chauffage. Mes chaussures pour le week-end : une paire de tongues que je renouvelle tous les six mois (voir sur la photo ci-dessus l'image atroce d'une paire de tongues abandonnées) et je fais le ménage moi-même.
C'est peut-être dû au prix des légumes.
jeudi, octobre 14, 2010
TaTouMa

Il y a longtemps j'écrivais des poèmes sans rimes. Ou bien des textes de poésie sans raison.
Et j'en ai lu beaucoup.
Avant j'avais passé ma jeunesse et une partie de ma vie d'adulte à lutter contre l'amour de la poésie et de la danse. La poésie j'en lisais à condition qu'elle fût classique, hexadécimale et adoubée. Au-delà de Rimbaud je me méfiais (il n'a pas fait que des alexandrins, cela dit…)
De la poésie j'admirais le rythme, la rime, les complexités et les subtilités, la performance technique. Mais je refusais de me laisser troubler par les sentiments, je refusais d'être saisi par le plaisir. Ah, ce plaisir fourbe ! Ah, ces élans puissants qui menaçaient de (de quoi… je ne sais pas)
J'en avais peur, panique à tous les étages.
En même temps je ne cessais de m'en approcher, de feuilleter dans les librairies et les bibliothèques des ouvrages tirés du rayon poésie que je n'emportais jamais, parce qu'ils ne ressemblaient à rien, sans rimes ni raison.
J'allais comme un pervers honteux au rayon porno des librairies, feuilletant, hésitant, tripotant. Et finalement partant avec un France Dimanche sous le bras, une érection hors contrôle dans le slip et dans la tête, mais avec un journal présentable.
Je commettais quelques alexandrins, bien entendu. En deux fois six si possible avec des sentiments vastes et profonds, universels et autant que possible tragiques, car seule la mort était à la hauteur de ma poésie, et encore pas n'importe laquelle (il y en a plusieurs sortes, le saviez-vous?).
Bon, parfois ils étaient d'un genre plus aérien :
"…Il suffit d'être un cul mais pourquoi déprécier
Cette noble partie sur laquelle tu t'assieds…", vous voyez, légers.
J'ai également inventé trois genres nouveaux, l'Alexandra, le Constantin, le Paradis Celtique. L'Alexandra est un vers qui fait douze pieds mais seulement en moyenne (un vers de onze pieds est compensé par un vers de treize pieds).
Le Constantin est un vers qui fait le nombre de pieds qu'on veut à condition qu'il y ait dedans le mot "main" ou le mot "demain", afin de compenser l'injustice du décompte en "pieds".
La Paradis Celtique commence automatiquement par les mots "Par Toutatis" et se termine par les mots "Je crois que suis mort" et doit faire dix pieds exactement. Il rime forcément et seulement avec "corps", "tort" ou "débord".
J'en ai inventé d'autres mais j'ai oublié…
Aujourd'hui je n'écris plus de poésie et voyez le résultat : le chômage augmente, la suppression quasi certaine du bouclier fiscal et les pluies d'automne mais j'hésite à m'y remettre, je manque de désespoir.
lundi, octobre 11, 2010
Prendre son Pied
Non pas "la" Musique, mais des musiques au fil de mon histoire. Canned heat, Léonard Cohen, La Callas, Oum Kalsoum, Catharsis, King Crimson, Haendel, Brassens et Brel, Philipp Glass, Munir Bachir, Monteverdi, Hamza El Din, John Coltrane, Berlioz…
D'autres sans doute, un vrac de rencontres et d'instants.
J'ai quine ans, je lace mes chaussures à pointes avant une course à Maison Laffitte -Canned Heat "going up the country".
J'ai dix neuf ans, la drogue, beaucoup de colère - King Crimson, Haendel.
J'ai vingt et un ans, je suis fou d'elle et le monde est parfait, elle est folle de moi - Les Doors, Catharsis.
J'ai presque quarante ans et je dois tout reconstruire car l'Univers s'est effondré sur mes épaules. Je suis pourtant heureux, étrangement et superbement heureux - La Callas, Haendel à nouveau, Munir Bachir.
J'ai quarante ans, le Bouddha - Philipp Glass, Haendel, Yoyoma, Coltrane
Moments de bonheurs, d'égarements, de dévastation, de rigolades, d'amours. Pas forcément intenses, recueillis ou même ennuyeux tout autant - Brassens.
Mais toujours une porte s'ouvre sur… sur quoi ?
Je ne sais pas sur quoi, mais je peux le vivre.
vendredi, octobre 08, 2010
Caiche de Chécurité Chochiale

dimanche, octobre 03, 2010
Trésors haut perchés

Lors de la première utilisation, je l'ai trouvé étrange mon FMO. Après une inspection minutieuse de l'objet, il s'avère qu'il est en fait de l'espèce "four électrique", génétiquement proche du FMO, comme un chimpanzé est proche de l'Homo Sapiens Sapiens. Mais sans plus.
Nous avons fait cuire le résultat de nos essais à 240 degrés pendant vingt minutes. C'était mou, nous avons remis quinze minutes de plus, toujours mou. Encore dix minutes, c'était mou et brûlé.
jeudi, septembre 30, 2010
Loi de Finances

Selon les journaux, samedi soir un homme a été surpris par la police en train de violer un zébu. Il a avoué que ce n'était pas la première fois, que le zébu le reconnaissait toujours et qu'il était obligé de l'attacher car elle (le zébu, une femelle je suppose) n'avait pas l'air d'aimer ça.
L'article s'achève par ces mots "la police enquête pour retrouver le propriétaire du zébu". Comme je m'en étonnais, on m'a expliqué que selon la loi musulmane le zébu en question ne pouvait plus être consommé car ayant eu des rapports sexuels avec un homme, il, ou elle, était devenu comme un humain et donc, pas mangeable.
Dormons en paix car tout est prévu.
Depuis trois ou quatre jours, mon sommeil est si lourd que le matin, je n'entends plus le premier chant des appels à la prière. Lorsqu'on est tout près d'une ou de plusieurs mosquées c'est pénible (le réveil à quatre heures et demi…) mais quand on est un peu loin ça fait une multimélopée que j'aime beaucoup (multi parce qu'il y a en général plusieurs mosquées dans chaque village).
Mais en ce moment, je dors comme une souche.
Pluie ce matin. Ploc, ploc, ploc, l'eau du ciel chatouille l'eau du lagon, ploc, ploc le lagon rit et les eaux se marient.
Puisque les "lapsuces" sont à la mode en ce moment, en voici un – un lapsus auditif - qui est toujours dans ma tête lorsque j'entends à la radio… euh, bon, j'ai oublié…ah voilà au lieu de "loi de finances", depuis que je suis petit j'entends "Louis de Funes".
jeudi, septembre 23, 2010
Un canard à l'Orange

C’est à qui …
… le monde ?
… le livre de poésie à couverture bleue, ouvert à la page 101 qui commence par "pendant que tu dors, je traverse les nuages et tu ne le sais pas… " ?
… la paire de chaussures dont il manque une chaussure ?
… la lettre d'amour, quelques mots, posée sur une grosse pierre " je t'aime Nael Farda love" ?
… le sourire si joyeux que j'en ai oublié de regarder qui était autour ?
… l'enfant tout nu qui pleure et sa grande sœur (elle a au moins six ans) qui le gronde ?
… et la mer, et les poissons, et les coraux rouges et verts, et bleus, et violines ou orange ? Cela, ce n'est à personne, c'est là.
samedi, septembre 18, 2010
Sainte Hélène.

Il est capable de mentir. Il est capable de voler. Capable d'égorger un homme, de tuer une femme ou un enfant. Il est capable de poser ne bombe dans un autobus, un marché, une mosquée ou une église, une école ou un cinéma. N'importe où. Et de la faire exploser.
mercredi, septembre 15, 2010
L'odeur du temps
- Avoir très très envie de faire pipi et être loin de toute occasion de pouvoir le faire; brusquement la solution inespérée se présente. Et enfin faire pipi.
- Avoir très très envie de faire caca et être loin…
J'ai expérimenté les deux situations. Ma conclusion est sans appel : le deuxième petit bonheur est bien plus grand que le premier.
- Trouver dans la poche d'un vieux pantalon de week-end un billet de dix euros oublié il y a longtemps.
- Découvrir un texte anonyme recopié au hasard il y a dix ans sur internet, caviardé par le temps "les mains plantées dans l'incendie des fleurs, j'ai démonté la mer …(illisible)"
et trouver que c'est très beau ainsi (sur Google impossible de rien retrouver)
- Faire zazen sur le petit zafu de voyage ramené de Paris, et découvrir que malgré sa couleur moche il est très confortable.
- Avoir comme programme du dimanche de ne rien faire du tout et le respecter scrupuleusement malgré les pièges sournois de l'Univers, de l'Ordinateur, des Voisins et de la Machine à Laver le Linge.
- Rien sauf un Tatoumi de : pommes (beaucoup)/canelle (trop)/gingembre (trop)/poivre (trop)/sucre (trop)/vanille (trop)/sirop de fraise (trop)/citron vert (trop)/eau (très peu)/rhum (trois gouttes) et dans un geste fou, un demi petit ananas. Mixer le tout dans le blender réservé aux choses sucrées, mettre au frais et trouver que c'est délicieux.
Le Tatoumi est une recette de Charlotte
Ouvrir le frigo et tout sortir (absolument tout)
Ouvrir le garde manger et tout sortir (absolument tout)
Mélanger l'ensemble des ingrédients en quantités aléatoires, entre beaucoup et trop, sans faire attention pour que ce mélange soit définitivement unique
Selon les cas, passer l'ensemble au mixer ou au four
Et ça fait un Tatoumi où t'as tout mis.
- Offrir le texte "Femme d'Arabie" de Aaron de Najran
Dessine d'abord un visage
une âme
et des yeux profonds comme des ambres
et pose-le sur le visage.
avec deux pommes des seins
un cœur qui bat
et une robe d'aquarelle
des perles de verre
et une cerise de corail
Parfume d'un grain de santal
ou de cannelle.
chevilles, cils, grains de beauté…
quand tout sera en place
tu verras le dessin se mouvoir
de lui-même
comme une algue
Renverse l'encrier sur le dessin
d'un coup, sans hésiter
il faut que l'encre recouvre bien le dessin
de la tête aux pieds
comme une cagoule
et l'encre doit être bien noire
bien mate
pour étouffer les rires et les cris.
Si les doigts dépassent
coupe-les
de même les pieds.
c'est une femme d'Arabie.
Ce sera ta mère, ajouta-t-il doucement
jeudi, septembre 09, 2010
EN VRAI

Des nouvelles de l'île
dimanche, septembre 05, 2010
Flute de Pan
Après plusieurs décennies d'échecs, de vestes et de ratés, j'ai enfin découvert LA technique de drague imparable, garantie à 95,5%.
En quelques minutes les femmes les plus belles, les plus désirées, les plus inaccessibles vous ouvriront leurs bras. Oui vous avez bien lu, en quelques minutes seulement !!!
Enfin vous serez le centre de leur attention, de leurs causeries, de leur(s) amour(s)!!
C'est très simple et il n'est pas besoin d'être riche ni particulièrement beau, ni spécialement costaud, ni une vedette du show Biz. Il suffit d'un regard et d'un sourire. Tellement simple que peu de gens y pensent en fait…
Ce secret, je vais le partager avec vous, gratuitement et immédiatement.
Le sourire : flottant, comme s'il reflétait votre bien-être intérieur
Et voilà, c'est tout et ça suffit à condition de remplir cette unique mais indispensable condition d'avoir moins de six mois.
jeudi, août 19, 2010
mardi, août 17, 2010
jeudi, août 05, 2010
Quel pays étrange...
Je suis arrivé en métropole hier. Il y a des panneaux publicitaires montrant Johnny Halliday dans un paysage de montagnes.
Ecrit en gros "une deuxième paire pour 1 €"
La métropole c'est formidable !!
Ceci est une photo d'une fille nue, mais elle n'est... comment, je l'ai déjà dit ? Ah bon, mais c'est parce que le sexe attire les internautes et je dois rebooster l'audience. Cela dit la trouve très belle.
vendredi, juillet 30, 2010
L'ours en cage
Ah ! Que de temps perdu que je ne cherche plus. Je n'y ai jamais cru, je suis né ce matin.
A priori, sur le dos du crocodile on ne doit pas risquer grand chose, surtout qu'il est empaillé.
Ceci est une photo en couleurs de fille nue, mais elle n'est pas nue. Et ce n'est pas une fille. Ce n'est pas une photo non plus mais j'insiste : elle est en couleurs.
lundi, juillet 19, 2010
Eau sauvagE

- Jacques Fretay, vous avez accepté, après un long silence, d'accorder un entretien à l'Envol de la Baleine. Pourquoi avez vous gardé un tel silence pendant plusieurs mois ?
- Euh… je sais pas, en fait euh… Peut-être que… euh... j'en sais rien
- Pensez vous que vous avez maintenant autre chose à écrire, une œuvre peut-être à construire ?
- Euh… à vrai dire, je voudrais… euh… je voudrais dire, enfin écrire, euh… je sais pas en vrai… je verrai bien.
...
- Avez-vous quelque chose à ajouter ? un bonjour à votre famille peut-être.
- Bonjour maman… euh… papa aussi, oui et les enfants… et… euh… Vous allez mettre quoi comme photo sur le blog, une fille nue ?
- Merci Jacques Fretay, je suis certain que vos déclarations vont passionner notre lecteur.
jeudi, juillet 15, 2010
Le Caravage
mardi, avril 20, 2010
mardi, avril 13, 2010
Une excuse valable

Une dernière touche, dans les ocres bruns sur le coin du bec de l'oiseau sur l'épaule gauche, une évocation de l'Esprit.
"Voilà, c'est fini tu peux rentrer, passe demain je te paierai… voyons nous avons fait huit séances de pose c'est ça ?"
"Neuf, nous en avons fait neuf dont une de douze heures qui compte double"
"Ah oui, oui c'est ça, donc neuf séances et…"
"Dix séances, neuf dont une qui compte double ça fait dix"
Le peintre pesta intérieurement contre ce modèle qui savait compter. "Je devrais lui donner trente deniers c'est ce qu'il mérite.." mais il le garda pour lui.
Pendant ce temps le Christ se rhabillait lentement, ankylosé par la longue séance. Cette fois c'était une descente de croix, un sujet particulièrement épuisant. Mais il pestait, lui, contre ces humains qui n'écoutaient pas ses sermons (pourtant il les avait travaillés pendant deux mille ans, jugeant que la première fois il n'avait pas été assez clair). Mais les humains n'entendaient rien, il n'adoraient que son image et répétaient des bouts de phrase dans leurs églises d'où un curé l'avait chassé une fois. "Allez dehors, pas de barbu pouilleux dans mon église, et juif en plus. Allez ouste, du balai…"
Alors parce qu'il fallait bien vivre, il posait chez des peintres qui peignaient le Christ. Le travail ne manquait pas, forcément il avait la tête de l'emploi.
Un jour dans la rue on lui demanda ses papiers. Il eut le tort de répondre qu'il n'avait que la parole. "Je suis le Verbe" dit-il, ce qui prouve qu'il n'avait pas intégré les bons réflexes.
"De quoi, on se moque ??? Chef, Chef, y'a un malin ici…"
On l'embarqua. On le menotta. On l'interrogea, on l'enferma, on le jugea mais on ne l'expulsa pas puisqu'il s'obstinait à répéter qu'il venait du Royaume des cieux et nul ne savait d'où il venait vraiment. De guerre lasse, on le remit dehors onze mois et vingt deux jours après son arrestation, libre.
Il retourna dans les bars gays qu'il aimait fréquenter mais les amis qu'il s'était fait, une douzaine de coquins libertins étaient partis au Larzac rejoindre une secte hindouiste.
Il était seul, sans savoir où aller ni que faire, sans argent, sans domicile… Rien !
Alors qu'il réfléchissait à son sort, assis sur un banc, un homme s'approcha de lui "incroyable, c'est incroyable, oh mon Dieu je rêve…" Le Christ le regarda, dans ses yeux toute la douceur du monde. En plus, l'homme était beau gosse, jeune encore et bien tourné.
"C'est incroyable, oh c'est une bénédiction, venez, venez… "
Le Christ de leva avec majesté. Enfin on le reconnaissait.
"Je suis peintre et publicitaire aussi, oh, venez, venez vous êtes parfait…Le modèle qu'il me faut ! Venez"
Il le suivit, allons, encore un peintre, il avait cru que… Mais il savait que son heure viendrait, qu'il serait bientôt connu du monde entier et que son message rendrait l'espoir aux hommes de bonne volonté. En attendant, il suivit le peintre.
Il posa et deux mois plus tard, après une campagne de publicité sans précédent, les premières boites de Vache Qui Rit s'arrachèrent en quelques heures.
dimanche, avril 11, 2010
Réduction du paquet d'ondes

G Malodo
J'aime Al'Odo
J'ai une malle au dos
Gémal Ado (différent de Gémal Adulte)
Bruits de femmes qui se disputent. Des voix aigues, rapides et criardes. Chacune cherche à faire taire l'autre
Projet : Malo dot
Ah voilà!! j'ai mal au dos
U n jet pour un mâle. Oh! que d'eau...
Jet -> Yacht
Mâle -> Coq
Oh! -> Bof...
Que d'eau -> Orage
Sur le Yacht les invités mangent un Coq. Bof... L'orage est plus intéressant
Yacht -> La Callas
Coq -> girouette
Bof... -> Beauf
Orage -> Humide
La Callas une girouette ? Son beauf est humide.
Maintenant un enfant pleure pendant que les femmes se disputent toujours
La Callas -> Caillasse, cailloux
Girouette -> pète
Beauf -> Steak
Humide -> éponge
Quand les cailloux pètent, j'éponge un steak
L'enfant ne pleure plus, les femmes se sont tues et trois oiseaux chantent mais je n'y suis pour rien.
mardi, avril 06, 2010
"Ils"

Elle est sur son banc. Elle y vit, elle y passe ses journées mais pas ses nuits. Elle a sans doute un chez elle puisqu'elle disparait chaque nuit tombée et réapparait le lendemain, propre et nette.
Elle réapparait toujours, quel que soit le temps, qu'il fasse froid ou qu'il fasse chaud, qu'il pleuve ou pas. Elle s'assoit toujours à la même place, "sa" place que personne jamais n'a osé lui prendre. Une place en bout du banc et elle étale à côté quelques affaires.
Depuis combien de temps y vient- elle? Depuis combien de temps, je ne sais le dire; des années; les enfants l'ont toujours vue là, ils croient qu'elle a toujours été là comme la statue, comme les arbres, comme les bancs. Elle fait partie du square, elle en est devenue l'âme. C'était à l'origine un square anonyme; il avait un nom, mais si commun qu'à lui seul, il aurait rendu n'importe quelle place anonyme. "Square du Général de Gaulle". Mais pour les enfants, puis pour les habitants du quartier il est devenu le square de la Dame et chacun entend bien le "D" majuscule, il n'y a aucun besoin d'emphase, il est majuscule c'est tout.
Elle a des gestes lents et ordonnés. Elle a quelques affaires enfermées dans un petit sac qu'elle pose délicatement sur le banc. Personne ne l'a jamais vue sortir quoique ce soit de ce sac, mais il est ventru, plein d'on ne sait quoi.
Elle s'assoit donc dès le matin et ne bouge plus ou très peu. Ses yeux et sa tête pourtant restent toujours mobiles, elle observe les petits animaux, chats ou pigeons qui hantent le lieu, les arbres et les branches, particulièrement l'hiver. Les passants ne retiennent que rarement son attention, les enfants jamais.
Elle ne mange pas, ne quitte pas son banc. Elle garde une bouteille d'eau à son côté, en boit une gorgée de temps en temps, toujours des petites gorgées économes, avec des gestes lents qui ressemblent à un cérémonial.
Elle guette le ciel avec intensité et son regard reste fixé, pendant des heures parfois, non sur les nuages mais sur l'immense inconnu, gris ou bleu, uniforme et vaste. Elle garde alors le visage légèrement relevé et aucune expression particulière ne vient indiquer ce qu'elle éprouve . Elle regarde .
Parfois des passants qui ne la connaissent pas lèvent à leur tour les yeux vers le ciel en imaginant qu'il s'y passe quelque chose de particulier, qu'il y a quelque chose " à voir". La plupart du temps il n'y a rien que quelques pigeons ou la trace d'un avion vite effacée. Ils repartent alors, déçus ou interrogatifs; mais pour certains, cet instant de ciel ouvert a pris un sens, rien de précis mais un instant qui a été différent quand même d'avoir juste regardé un ciel vide et calme.
Il arrive des moments où elle commence à s'agiter. Des gestes plus brusques et plus nombreux viennent déchirer son immobilité et sa lenteur. Elle se lève sans bouger les deux pieds de leur place, se rassoit , se relève encore pendant que des sons commencent à venir, pas encore des mots. Les bras prennent une autonomie subite, esquissent des gestes vers le haut, les mains repliées sur elles mêmes.
Puis tout s'accélère, s'amplifie, les sons deviennent mots, un mot, un seul toujours le même, "pourquoi". Le ton ne laisse pas entendre d'interrogation, la posture ne laisse pas croire qu'elle attend une réponse, mais le regard se raccroche au ciel, elle se rassoit et reprend son observation têtue.
Le soir venu, lorsque s'allument les premières lumières des maisons, elle se lève, ramasse ses affaires et s'en va et on entend alors le temps passé. C'est une musique douce.
dimanche, avril 04, 2010
une dimension plus tard

La petite fille qui ne parle pas rit en courant de bras en bras. "Ko", "Viens" et elle court et elle rit. Parfois l'émotion l'emporte et elle pleure. Alors les adultes ordonnent que le jeu s'arrête. Le calme qui suit me parait trop vaste, comme un petit homme qui porterait un costume trop grand.
Sous le manguier, des hommes jouent aux dominos pions qui claquent. D'autres regardent et commentent bruyamment, ou bien ils parlent d'autres choses sans importance.
Des taches de soleil les habillent avec des cris d'enfants. Au loin on entend une guitare. Tout à l'heure il y aura l'appel à la prière.
J'ai dormi avec un sclopendre dans mon lit. Je n'ai pas aimé du tout, il en est mort.
mercredi, mars 24, 2010
La Princesse danse

dimanche, mars 21, 2010
Valet de coeur

Envie d'été
Une pierre noire d'or parée
deux tâches d'ombre dans l'ombre
disant la permanence des arbres
L'hésitation des fleurs
le pur oubli
elle viendra demain
Fragments
Le surgissement d'un arbre
au détour du chemin
Comme la danse
qu'elle avait apprise
une moiteur connue
Fêlure
Le foulard de soie
Qu'elle portait ce jour là
je m'en souviens
il avait la couleur des jours
qui ne disent pas pourquoi
elle l'a donné
à l'enfant des chemins vides
qui l'a déchiré
jeudi, mars 18, 2010
lundi, mars 15, 2010
Capitaine Haddock


Je ne résiste pas au plaisir d'offrir cette seconde image
dimanche, mars 14, 2010
Qu'organisent les Prussiens pour oublier l'ennui ?
samedi, mars 13, 2010
mYse en abYme

Kruel était chef d'une bande de rockers vraiment-costauds-vraiment-méchants-vraiment-bêtes, dans une banlieue déglinguée d'un quelque part ailleurs, mais pas loin. Il y avait un héros (dont j'ai oublié le nom) tout aussi bête et autant méchant, du moins lorsqu'il le pouvait. Mais il ne pouvait pas toujours parce qu'il n'était pas costaud et sa bande ne l'était pas non plus. Je les aimais de leur impuissance : méchant et sans pouvoir, c'est presque de la tendresse.
Lorsque je regarde des films peplum ou heroïc fantasy (en fait, c'est mon genre de prédilection en dehors de Jean Claude Van Damme) les guerriers qui se battent ont toujours des muscles énormes et il y a des armées entières de musclés. Dans les rues d'ici, à cause de la chaleur, les gens portent beaucoup de shorts et beaucoup de Tee shirts : je vois des petits mollets, petits bras, petites brioches et je me dis que avant, c'était comme ça aussi. Des armées entières de petits mollets.
Ca me rassure lorsque je regarde des films porno.
Parfois j'essaie de regarder une image comme si je n'avais jamais vu d'images de ma vie. Alors, je ne comprends plus rien. Ce qui était évident l'instant d'avant devient obscur et bizarre.
Un jour, j'avais fait la sieste dans la campagne pendant une randonnée (évidemment sportive) dans les calanques de Marseille. En me réveillant, et pendant un très court moment je n'ai vu qu'un ensemble de lignes, des masses de couleurs, des rythmes que je ne savais pas interpréter. Je voyais seulement.
J'ai eu un choc car ce que je voyais avait quand même un air de déjà vu, c'était un tableau de Cézanne. Peut-être Cézanne essayait-il de peindre l'instant de la perception, juste avant l'interprétation ? Je poserai la question à Kruel.
jeudi, mars 11, 2010
Adresse erronée
mardi, mars 09, 2010
Ein Kuss
dimanche, mars 07, 2010
Portrait d'Otto

mardi, mars 02, 2010
Donner désordre

dimanche, février 28, 2010
François Hollande, le Beatle caché?

samedi, février 27, 2010
One love

Je me rappelle les ouvrages de Daniel Boulanger que j'ai lus il y alongtemps. Je vivais à Toulouse lorsque j'ai lu ses premières "retouches", c'était en 1986. Les retouches sont de très courts poèmes de trois à cinq vers - pas du tout inspirés des haïkus ou des tankas - ou parfois deux vers ou même un seul.
Il y parlait de murs, de cris, de ciels et de silences.
Je me rappelle aussi quelques romans. L'un d'eux s'appelait " le ciel de Bargetal". Ce sont les romans que j'aurais aimé écrire. Il ne s'y passe rien qu'une écriture sublime. Il décrit un monde fragile, un équilibre léger et un peu mélancolique, mélange de bonheurs et d'hésitations.
Peut-être un tableau de Nicolas de Stael, plus léger encore, plus ténu, invisible.
D'où la vie, curieusement, jaillit.
"Le paradis est un livre" a t-il écrit.
jeudi, février 25, 2010
Clair de l'une, clair de l'autre
dimanche, février 21, 2010
Une voiture à pédales rouillée : l'enfant a grandi

Qu'à la fin il ne reste qu'un souffle. Si possible léger et lointain.
Et que personne ne juge celui qui aura été un parmi les autres.
jeudi, février 18, 2010
Ultime utérus

Cour d'appel
"Mais mon amour je ne t'ai pas vraiment quittée. Tu es tellement banale que je te retrouvais partout, dans toutes les conversations, dans les séries à la télé, dans la rue ou chez la boulangère. Tu étais au milieu de toutes les mièvreries qu'on s'échange quotidiennement au bureau "ça va comme un Lundi!!". Tu vas comme un lundi mon amour. Je ne t'ai pas quittée et je ne te quitterai jamais..."
mercredi, février 17, 2010
Reliquat d'abondance

J'aime ceux qui connaissent des histoires, et même trop, les bavards, les menteurs qui font croire à une vie intérieure qu'ils n'ont pas ou à des voyages qu'ils n'ont pas faits. Ceux qui causent, pour causer. Ce sont mes chouchoux, avec un "x".
J'en connais des chics, d'autres snobs qui Montblancquent. Mépris, oubli.
Il y a les bics et les rollers, populo docile qui prend des notes, qui àlavavitent et que j'oublie parfois ici ou là. Utiles. Il y a des modernes, techniques. Je ne leur parle pas.
Ceux qui font des pleins de déliés et des pleins d'épices; j'en possède un épais et un fin (ils ne se parlent pas, histoire de famille sans doute). Et j'en ai d'autres, et d'autres.. Et puis
Il y a mes deux Tombow venus du Japon; je ne passe pas une journée sans eux, les prendre pour leur écrire un mot, ou tracer un simple trait. Plumes moyennes, l'un est rouge l'autre gris.
Ces deux-là, ils m'ont tout dit de moi.
dimanche, février 14, 2010
Territoire abstrait

lundi, février 08, 2010
La Terre n'a pas de bords

Hypothèse du coeur
Hypothèse de l'assiette creuse
Hypothèse de l'angoisse
Hypothèse de la jeunesse
Hypothèse de l'irréalité
l'inverse
Hypothèse du vague à l'âme
Hypothèse de l'absurde
Hypothèse du matin
dimanche, février 07, 2010
sex addclick

Kashkasi, saison des pluies à travers mon pare brise
Ce bruit que j'entends
Sont ce des branches qu'on arrache
ou mille insectes réveillés ?
Ce n'est que la pluie
et encore la pluie
Elle a peur de la boue
la petite fille
Elle a peur du petit pont
qui franchit la ravine
Sa maman lui dit " Viens!"
J'aimerais tant savoir
ce que tu penses
et connaitre tes bonheurs
comme le bruit passe
à travers ma fenêtre
jeudi, février 04, 2010
Un iule perdu dans le salon

J'aime que l'appareil soit dépouillé, ce qui est presque impossible avec les reflex d'aujourd'hui. Un objectif pas trop gros, lumineux (je n'ai pas ça du tout, parce que j'ai voulu faire des économies). L'idéal serait un petit télé 18-80 ou 20-80, 100 maxi.
Ce que je n'aime pas, c'est la prise de vues, d'ailleurs je sors de moins en moins avec mon appareil. Depuis toujours la prise de vues m'ennuie, et elle m'ennuie de plus en plus.
J'aime à nouveau la suite, il fut longtemps c'était le labo, maintenant je me suis photoshopisé. C'est mon vrai plaisir.
Les photos une fois traitées ne m'intéressent plus, comme les textes que je ne relis jamais. Elles sont quelque part dans l'ordinateur, puis elles disparaissent au cours d'une mauvaise manip., comme j'ai perdu toutes mes photos papier au fur et à mesure des déménagements.
Il y a des craquements dans la maison, des grillons dehors, et un oiseau. J'entends le ventilateur de l'ordinateur et le léger claquement des touches sur lesquelles j'appuie pour écrire. C'est tout et je me sens égoïste. Où est le lien ?
Cette nuit pourrait être un repli du temps comme il en arrive parfois.
Une femme avec un sac jaune m'a impressionné ce matin, son regard d'abord, puis un visage féroce et cruel. Impassible mais elle riait au dedans d'un crime qu'elle avait commis ou qu'elle allait commettre. Elle avait un enfant dans les bras. J'ai baissé les yeux.
Ce matin, le lagon m'a paru plus calme encore que d'habitude, mais il était gris.