mercredi, novembre 18, 2009

Les Jacky sociaux





Il me suffisait de poser les doigts sur le clavier et les mots venaient. Je n'avais rien à faire, alors je ne faisais rien.

Sur la barge, dans le sens Grande Terre vers Petite Terre, il y a une jeune fille grande et mince en habits traditionnels. Elle a environ vingt ans, elle parait timide et garde les yeux baissés, emmêlant nerveusement ses doigts.
Plus tard, dans le sens Petite Terre vers Grande Terre, elle est encore là, avec sans doute sa sœur jumelle, vêtue de la même manière. Elles paraissent timides et gardent les yeux baissés, emmêlant nerveusement leurs doigts.

A terre, des parachutistes et des légionnaires en manœuvre traversent le chemin en courant, vers le pont de la Kwalé. Des mitraillettes crépitent, un hélicoptère tourne dans le ciel.
Pendant ce temps les plongeurs chargés de la pose du sea line, sur leur bateau se reposent.

Un couple de mzungus vraiment tout blancs, bedonnants, en shorts et en tongs. Lui porte un sac d'où dépassent deux paires de palmes bleues, elle un panier d'osier. Ils vont vers la route, peut-être pour trouver un taxi. Des parachutistes passent en courant, fusil d'assaut en main.

Ici, c'est comme en métropole : à la tombée de la nuit le jour tombe aussi.

mardi, novembre 17, 2009

Tire Larigot, ça pourrait être un western...





J'étais dans un restaurant populaire de Mamoudzou, un de ces petits restau où les employés vont manger le midi. Celui-ci j'y vais souvent.

Un homme noir d'une quarantaine d'années était assis à une table, vêtu à la manière arabe exactement comme l’émir Mohammed Ben Kalish Ezab, le père de l'affreux Abdallah dans Tintin au Pays de l'Or noir.
Une grande djellabah blanche, une longue veste noire à parements jaunes. Sa tête était recouverte d'un keffieh à carreaux rouges et blancs, et tout comme l'Emir il avait une fine tresse faisant le tour du crâne pour maintenir le keffieh en place. Evidemment il avait une barbe. Son teint était plutôt clair, il avait un visage souriant et détendu mais son maintien restait raide, son attitude affectée et il contrôlait ses gestes.
Il déjeûnait en compagnie de deux petits gros à moustache et à couvre chef comoriens. Lui buvait un icetea pêche et eux avaient un coca pour deux.

Je me dis que c'était un dignitaire religieux avec deux de ses ouailles et qu'il "jouait le jeu", un peu trop. Tous les trois parlaient beaucoup, mais je ne les entendais pas.
Leur table était à côté d'une télé légèrement surélevée, au son trop fort. La télé diffusait une novela, une série brésilienne fauchée, mal jouée (les comédiens en font des tonnes) et doublée par des amateurs pas doués. Ce sont des histoires d'amour compliquées, ici par exemple : Roberto aime Magdalena, mais celle-ci n'est que la gouvernante de la famille aussi leur amour est-il impossible, d'autant que Samantha aime Roberto et elle, elle est riche, c'est la fille de... (etc.)

Il y eut un moment où je levais la tête vers les trois hommes. Le dignitaire religieux s'adressait à l'un de ses compagnons et j'entendais "Non Roberto, tu ne peux pas m'aimer, tu ne pourras jamais !!!"

jeudi, novembre 12, 2009

Ne pas savoir sans éprouver







Un papillon
vole au milieu
de la guerre froide
Nakamura Kusatao





dimanche, novembre 08, 2009

effleureter






Au hasard d'une promenade, un dimanche que rien ne distinguait d'un autre dimanche.
Je n'ai connu votre nom qu'ici, sur ce site où vous écrivez parfois.
Il y avait un ciel gris je me rappelle des oiseaux s'ennuyaient et des enfants aussi.
Lentement sur vos mots un visage s'est dessiné que je connaissais. Une jeune femme aux yeux pâles souriait en regardant les vagues de brume. Je savais ce visage mais les souvenirs étaient flous c'était il y a longtemps.
L'enfant que j'étais, ignorant et naïf croyait voir une fée. Ma mémoire rassembla ses éclats en un soudain assaut par la grâce d'un mot.

Le temps a passé et mon cœur s'impatiente
A vous dire puisque vous êtes présente
Je vous ai aimée à tout cœur à tout corps
Et si vous le voulez je vous aimerai encore

samedi, novembre 07, 2009

Saragosse

J'aime beaucoup ce regard, de la jeune vers l'aînée


Ce sera…
C'était…
C'est ? Parfois.

J'écoute un air de rumba plein de cuivres.
Les cuivres d'un orchestre m'évoquent les pleins de l'écriture, les cordes en sont alors les déliés.

Il fait chaud dans la pièce. Je bois de l'eau fraîche dans un grand verre. Boire beaucoup ne me rafraîchit pas plus que boire un peu, mais alors je n'ai pas cette sensation d'être plein dont j'ai besoin en ce moment.

La nostalgie vient avec le soir. Je refuse souvent des invitations inutiles pour lui laisser le temps et la place de me caresser. Un peu de musique de temps en temps, pas trop, pour le bonheur de danser vraiment. Que c'est bon !
Souvenirs d'autres soirées, toute pareilles. Mes souvenirs les plus heureux, j'étais seul.

Dieu a inventé le papier, et le Diable a inventé l'écriture.
Mais Dieu a inventé le Diable.

Je mets de plus en plus de conviction dans ce que je fais. Est-ce cela, être adulte ?

Samedi, 23h30. Rumba, verre d'eau, nostalgie…

mercredi, novembre 04, 2009

Yanoura







C'était comme marcher lentement et le sol sous mes pas est moelleux
C'était comme ne rien dire d'important parce que les mots se perdent dans le ciel
C'était comme enjamber une racine velue, terreuse et cent mille fourmis
C'était comme ça, rien de spécial sauf la vie quand même

Et je me suis disparu en passant derrière un tronc massif et bourgeois
Un de ces troncs pleins d'ancêtres et quelques djinns
Peut-être que je me suis arrêté là, peut-être pas je ne sais pas

Celui qui trouvera mon corps le dira
Ou ne le dira pas.

jeudi, octobre 29, 2009

Car en sac





Je n'oublie pas ce qu'un jour j'ai entendu à la radio. J'étais à Marseille, en voiture le long du quai de rive neuve. Il ne faisait pas beau, un temps bêtement maussade.
Un journaliste interrogeait des élèves d'une école quelconque, des élèves de première qui avaient visité en Pologne un camp de concentration, puis avaient vu un film dont j'ai oublié le titre. Un jeune homme avait dit ceci "ce qui m'a frappé, c'est que dans le film, aucune des personnes interrogées n'était responsable. Chacun disait 'ce n'est pas ma faute, j'ai obéi' et le résultat… c'est ce camp".



Je n'aime pas commenter l'actualité, mais je tiens à souligner l'incroyable théâtre que nous avons vécu ces dernières semaines. "L'affaire" Jean Sarkozy. Par pure lâcheté des hommes et des femmes politiques, au mieux se sont tus, au pire ont soutenu les Sarko's boys. Je n'en ai pas cru mes oreilles, mais pourtant oui, ils l'ont fait et ils ont même mouillé leur chemise à cette tâche, et sans doute aussi leur slip. Lâcheté insondable, incroyable veulerie.
J'avais honte.

dimanche, octobre 25, 2009

La vie en pièce jointe.






BIG
BANG
Il y eut peut-être un grand déchirement. Mais plus probablement il n'y eut rien, puisque rien n'existait qui put contenir quoique ce soit. L'espace et le temps n'existaient pas, puis ils existèrent.

BIG
Rien
BANG
Tout

Presque tout. Il fallut attendre l'Homme pour que naissent le Bien et le Mal, le Beau et le Laid, le Vrai et le Faux qui n'existent ni à travers le Temps et l'Espace, ni dans les atomes ou les molécules.

L'évolution de l'Univers comme on l'imagine aujourd'hui, a mené aux Océans, aux Etoiles, à la Lumière. A l'Homme. En remontant par la pensée le cours du Temps, on découvre un Univers toujours plus indifférencié, étrange, paradoxal mais que je peux "penser", non comprendre mais penser, même si avec erreur.

Par contre le Rien lui, est impensable. Je l'imagine comme une absence, un creux ou une soustraction.

Rien=Tout - Tout, capable quand même d'engendrer l'Univers. Rien ce n'est peut-être que l'impossible de la pensée, la source d'où jaillissent la matière et l'antimatière en stricte égalité, ou le jour et la nuit.
De même, de l'Homme jaillissent le Bien et le Mal, en stricte égalité.