mercredi, décembre 25, 2013

Rectangle des Bermudes



Paresse aujourd'hui ! alors un petit texte saisi au hasard d'un tas de textes dans la mémoire de l'ordinateur.
Et une photo saisie au hasard d'un tas de photos dans la mémoire de l'ordinateur (je me rappelle, nous allions plonger dans le lagon un jour de grand calme. Pour qui sait voir, on devine la trace de la barrière de corail à l'horizon. A cause de la lumière, ce devait être le matin, sans doute une plongée dérivante hors lagon)

Petit texte de hasard :

Je la regardai, haletante et pâle. Elle avait peur, je le sentais. Mais aussi quelque chose d'autre, inédit. L'odeur de l'inconnu, un peu épicée, poivre et menthe.
Je lui tendis mon flingue, une balle engagée dans le canon "Prends, on sait jamais". Elle posa sa main sur la mienne "Non, non ça on peut pas…" me dit-elle. Sa voix était voilée, un chuchotement sourd que j'entendis à peine.
Elle était à la croisée des chemins et le savait. Je le savais aussi, elle pouvait encore reculer. D'un seul coup, elle rassembla tout son courage et ouvrit la porte de la cave, derrière laquelle mugissaient cent mille démons, nous le savions tous les deux.

Du haut de mes cinq ans, mon pistolet en plastique à la main et cloué au sol par la terreur (en plus, il faisait presque nuit ), j'admirais ma sœur comme jamais.
Alors qu'une larme de tristesse mêlée de fierté finissait de couler sur mon menton menu, la porte se rouvrit à la volée. Elle était là, sourire triomphant, tenant à la main trois plaquettes de chocolat confit aux oranges et aux zestes de citron.


"Je dois vous dire, Docteur, que je ne lui ai jamais pardonné de ne m'en avoir pas donné, toute seule  elle a tout mangé et c'est moi qui ne digère pas."

mardi, décembre 10, 2013

La danse des vivants




"Personne ne naît en haissant une autre personne à cause de la couleur de sa peau, ou de son passé ou de sa religion. Les gens doivent apprendre à haïr et s'ils peuvent apprendre à haïr, on peut leur enseigner aussi à aimer car l'amour naît plus naturellement dans l'homme que son contraire"

"Le ressentiment c'est comme boire du poison et espérer que cela tuera vos ennemis" 


Deux citations de Mandela.
L'effet Mandela, c'est le contraire de l'effet Bush. Tout le monde aime Mandela et chacun se 
sent un peu meilleur rien qu'en pensant à lui. Bush c'était le contraire.
En plus Mandela a été Président.



Celle-ci que j'aime beaucoup, de Borges cette fois " le temps est un fleuve qui m'emporte mais je suis le fleuve". 
J'ai lu des dizaines d'articles, de livres, d'exposés sur le seul sujet de "qu'est-ce que le temps?". Il n'y a que les poètes qui savent le dire, parce qu'ils parlent la langue d'avant la langue, ils pensent sans penser. Ils éprouvent l'immédiateté des choses avant qu'elles soient des "choses" justement.
Les peintures de Cézanne sont exactement cela, des traits, des couleurs, pas encore des formes saisies juste avant qu'elles deviennent des choses. J'ai éprouvé cette sensation un jour de chaleur où j'avais fait une sieste dans un recoin de la montagne Sainte Victoire, au moment du réveil.

Pour finir d'être pédant, Proust en parle aussi quelque part, l'instant du réveil où je ne sais pas encore que je suis "moi", je sais seulement que je vis, je le sens et je ne sais rien d'autre, comme une bête dans son antre dit-il.
Mais je ne me rappelle pas où exactement il écrit cela.


mercredi, novembre 20, 2013

Un timbre oublié



Hypothèse au tireur fou : Ne pas comprendre que l'ombre et la lumière sont la même chose.
Hypothèse au mur d'enceinte : pour les oiseaux c'est confortable


Il parait que Sakho a marqué deux buts hier. Vanzetti lui aurait dit "bravo, mec" s'il n'avait pas déjà été électrocuté.

samedi, novembre 16, 2013

Un lézard jaloux

Un quartz inclus ramené de Madagascar, merveille de la nature


Je voudrais te briser et te réduire en cendres
Pour te sentir renaître sous le ciel de décembre
Que tes cris atteignent Dieu qui tourne la roue
Nous danserons ensemble la danse des fous

Et je saurai toujours de sublimes supplices

Je connais ta violence tu connais ma tendresse
Et le souffle du cœur au cœur de la démence
Quand le plaisir demeure où la douleur commence

Et je saurai toujours de sublimes supplices

Ta peau sera salée gingembre et puis épices
Je poserai mes larmes pour mieux garder tes armes
Je plongerai ma langue en tes lèvres secrètes
Suspension des souffles

Au bord de la désordre prendre la démesure
Le réel se mesure à la peau décousue
Alors ouverte à tous vents il reste la cassure
Et mes doigts t'étreignant la griffe se rassure

Mais je saurai toujours les sublimes délices
Et les mots les plus purs
Plus tendres que jeunes maïs
Que le soleil torture
Jusqu'à mort de la nuit

Nous irons jusqu'au bout
des plaisirs inouïs
de la danse des fous

Tu es ressuscitée ! donne moi des nouvelles
Paraît que Dieu porte jarretelles
Pour faire chier les intégristes
Les fous d'Allah et les papistes

Puisque tu es là
Allons encore une fois une dernière fois
Au jardin des délices
Ensemble où nos corps
Tremblent. Ensemble


mercredi, novembre 13, 2013

La Révolte n'est pas un MAMMIFERE







Le Président de la République s'est fait huer par des manifestants.
La sinistrose française est quasiment prérévolutionnaire. Que l'on songe à la lutte héroïque des bonnets rouges, aux anti-mariage gay, à la flamme mélanchonesque, aux Fronts Nationaux anti tout, aux coiffeurs… Ah non pas les coiffeurs. Mais ne devrais-je pas dire "pas ENCORE les coiffeurs" ?  

Ah! François, tu es mal barré. Tu es sans doute, François, mal conseillé.
Mais je vais t'aider, je vais ici même développer un programme d'urgence à appliquer d'urgence, en sept mesures d'urgence et une mesurette urgente.

  1. la première mesure est de baisser tous les impôts et toutes les taxes, il y en a trop, trop lourds, trop souvent. Cela plaira aux FN anti-taxes, à la droite, aux poujadistes bonnets rouges
  2. la deuxième mesure est d'embaucher un million de fonctionnaires, ce qui apaisera certainement la flamme mélenchonesque
  3. la troisième mesure est, dans la locution "mariage gay" de remplacer "mariage" par "marriage" avec deux "r", ce qui satisfera les anti mariage gay, lesquels à ma connaissance n'ont jamais protesté contre un éventuel "marriage gay"
  4. la quatrième mesure est de réduire la dette de l'Etat de moitié (environ, 53 % exactement selon mes calculs)
  5. la cinquième mesure est de limiter la production d'énergie nucléaire à rien et de la remplacer par des énergies alternatives
  6. la sixième mesure est la relance EFFECTIVE de l'industrie lourde, de l'industrie légère et celle entre les deux, rapidement et fortement, ce qui stimulera l'embauche
  7. Enfin, la dernière mesure est de rattraper l'Allemagne sur le plan du commerce extérieur et de prendre le leadership en Europe.

Il reste une mesurette pour le prestige du pays, éliminer Al Qaeda et les Talibans, ça épatera les américains. Ou bien, faire un combat de judo contre Vladimir Poutine, et gagner bien entendu (en cachette tu te feras remplacer par Teddy Riner déguisé).

Voilà François, si tu as besoin de plus de détails tu m'envoies un mél (tu vas y arriver ?) et je te répondrai sans faute.

Ton dévoué Jacques Fretay


jeudi, octobre 31, 2013

L'arc de triomphallus



Lors de la cérémonie de famadihana, le retournement des morts. Il s'agit là de mes grands parents, tout le monde se rassemble pour honorer leur mémoire.


Dans le désordre des choses qu'il y a chez elle, le passé et le présent s'unissent et dessinent l'avenir. Je commets toujours l'erreur de croire que le chemin le plus court (dans l'espace) est à la fois le moins long dans le temps mais aussi le plus désirable. Il l'est parfois, parfois seulement.
Il m'arrive de goûter les exceptions avec un frisson de plaisir. De regarder son désordre comme un ordre différent, une autre manière.
Je devine, devine seulement, que le bonheur a mille visages et qu'il peut prendre le sien, son sourire, son calme. Les mille choses qui sont elle, et son fils, me font alors envie, comme si elles allaient, les choses, danser et m'emmener avec elles. Pour où je n'en sais rien, c'est le mouvement qui compte. Comme une voiture embourbée ou une charrette rouillée, c'est le mouvement qui compte.
Je reste charrette embourbée, bien sûr. Mais pleine de rêves, ça aussi ça compte.



Hypothèse au rêveur : l'équation ultime, sans solution mais belle.
Hypothèse à la banque centrale : une solution pas élégante à un problème qui n'existe pas.




Je reste frappé par le fait que dans la nature, le mal ni le bien n'existent. Quand j'ai "découvert" ça, quel choc !!! Comme si je voyais Platon tout nu.

dimanche, septembre 22, 2013

Le sac du Printemps



L'instant présent est passé avant même que j'en aie pris conscience. Reste le passé donc, que j'échange parfois contre l'univers des sensations sans mots, et des perceptions.
Puisque je vieillis, l'espace de mes souvenirs devrait s'élargir jusqu'à devenir aussi vaste que l'espace possible de mes souvenirs. A bien regarder ça ne fait pas grand-chose, sauf que c'est ma vie quand même.


Ces notes de piano que j'écoute en même temps que j'écris, ont été jouées par un homme mort il y a cinquante ans. Cinquante sept exactement, selon wikipedia. Quelles traces vont-elles laisser parmi mes souvenirs (trompette bouchée en premier plan maintenant, le piano s'efface un peu en swinguant un riff entêtant) ? Pour moi, dans le silence de ce dimanche, cet homme vit encore. 

Hypothèse à la trompette bouchée : un zigue qui zague
Hypothèse au sel : la langue d'un chat sur l'oreille, le matin au réveil

mardi, septembre 17, 2013

Sourire quoiqu'il arrive



Ce sera tout pour aujourd'hui, une photo. Je vous laisse en outre une odeur d'herbes fraîches avec une pointe de musc ou de patchouli, une couleur rose indien, un goût de chocolat confit d'oranges, un air de musique bastringue et des larmes pas tristes.