vendredi, octobre 27, 2006

Eternité
















Photo prise à Manakara, petite ville au bord de l'Océan




J'ai un nouvel emploi ! J'étire le jour pour qu'il aille exactement jusqu'au lendemain.
Ce n'est pas si facile, il suffirait d'une seconde de plus ou de moins pour que l'éternité nous engouffre.

Oh lala, quel tourbillon ce serait !
Et même lui qui partait
Les poings dans les poches crevées
Même lui ne pourrait nous sauver

Je vous jure, je vous jure que ce n'est pas facile.






Celle ci aussi, photo prise à Manakara







jeudi, octobre 26, 2006

MADAGASCAR

Pour le voyage, j'ai délaissé mon vieux fidèle appareil photos argentique, de toutes façons mon fils l'a confisqué pour son propre usage et je n'y ai plus droit !! j'ai acheté un numérique...
J'ai eu un peu de peine bien sur mais je me dis hypocritement qu'il est (l'argentique) entre des mains plus jeunes et plus fougueuses.
Je suis revenu avec un tas d'images...

de zébus




et leurs bergers


et d'autres images, et encore d'autres, des plus secrètes, vastes et floues qui se mêlent aux impressions et aux sentiments. Photos du coeur.

mercredi, octobre 25, 2006

PROGRESSION DU DESIR

Ce sont les frôlements qui décident tout, selon leur qualité, leur intensité. Bien sûr il y a les rires partagés, les confidences : ils ne sont que la porte qui ouvre sur la possibilité.

D'abord le poil se hérisse, à peine, seulement une sensation intérieure, du dedans de la peau et je me sens vivant. Il y a le parcours de la sensation dont je ne sais pas tout de suite si elle est vraie ou non. Le rêve, le réel, l'entre deux de ma timidité et de ma force.

Même hésitante, l'âme colore les perceptions, celles du temps surtout.
Essentiel, de ne pas démêler le vrai de l'imaginé. J'interroge le monde et me satisfais qu'il ne réponde pas, parce que là est la source des encres neuves.

Comme on cherche la faille dans le lapsus, la faille qui conduit au sublime, il ne faut pas avoir peur des manquements ni des esquisses, ni des silences.
Suspension du geste, la promesse se réalise.

C'est alors que ...

Autre image de Mada...





lundi, octobre 23, 2006

REVENIR

Je retrouve l'univers des blogs après combien de mois ? Quatre ?
Ecrire était difficile. D'abord je suis parti loin et lorsque j'ai cru revenir ce n'était pas vrai.
Je ne suis pas resté "là bas"; ce n'est pas ça, c'est juste que je ne suis plus nulle part, pas d'ici j'en suis sûr, mais pas d'ailleurs non plus.

Je me sens pourtant des envies de racines, comme un arbre en aurait : peu importe quelle terre, mais il en faut une ( bien entendu, je ne suis pas certain de ça. Je le dis parce qu'avoir un semblant de certitudes me rassure. "Avoir des certitudes" en la matière le verbe avoir est à l'envers. Ce sont les certitudes qui m'ont. Je suis eu ).

Des semaines, beaucoup de semaines ont passé sans que j'ose même feuilleter les blogs que j'aimais. Je devais d'abord m'accepter d'être ici, au moins un peu.

Le monde me paraît aveugle et cruel, c'est une banalité à dire mais voilà : lorsque je regarde une vitrine, l'étalement des richesses plastiques, le tout à jeter des rêves inutiles, le monde marchand qui fait la pute sous mes yeux, l'avilissement des pensées, oui, lorsque tout cela s'étale dans une vitrine et lorsque je regarde cette vitrine, c'est moi que je vois.



J'ai pris cette photo à Mada., dans la ville d'où vient ma mère.



jeudi, juillet 13, 2006

LA FORTERESSE VIDE



Les mots s'inventent pour que devienne chair ce qui était déjà chair, mais non dite, impensée.
Les mots courent leur chemin jusqu'à ce que que le souffle les arrête.
Ca fait un baiser d'amoureux, langues mêlées. Ce qui était souffle est devenu mots, ceux qui étaient mots sont devenus souffle.

Sur la ville, une chaleur écrasante. Le silence né de la chaleur n'a pas le même grain que les silences nés du froid. C'est un silence d'absence ou bien d'oubli. Ceux qui le peuplent, hommes et bêtes, ont presque honte d'être là. Chacun garde ses distances, yeux baissés.

La femme avait une prestance d'espagnole, son regard était d'eau pourtant et ses gestes un vent léger et soyeux. A l'aube de ses lèvres un fleuron d'étoiles taisait son âge. Peut-être avait-elle cinquante ans, peut être plus. L'horizon était entre ses jambes mais elle n'a rien voulu dire.

Il y a un peuple de femmes et d'hommes étranges qui connait des secrets. Ils n'ont pas de nom. Ils n'existent pas vraiment. La police les recherche, les arrête et les chasse. Alors ils se cachent. Se taisent. Nous, nous ne les voyons pas ou à peine, ce n'est pas notre problème. Leur nom c'est "sans papier" et il sonne comme "sans pitié".



La vieille race avait disparu, fatiguée
ils s'étaient dévorés les uns les autres au nom du Bien et de l'idée qu'ils s'en faisaient.
Lorsqu'ils eurent disparu, il n'y eut plus sur Terre de Mal ni de Bien
Rien que le flux incessant de la Vie

Ils avaient pourtant essayé, essayé, essayé
Ils crurent que la complexité les protègerait
Ils crurent que la sauvagerie s'effacerait d'elle-même
Ils crurent qu'ils étaient faits d'autre chose que leur peur
D'autre chose
mais quoi ?

Alors qu'ils n'étaient plus on entendait mieux les insectes
et de temps en temps le grondement mégalomane
d'un de leurs bâtiments qui s'effondrait
Et quand le temps fut passé, beaucoup de temps
Il n'y eut plus rien d'eux
Sauf là-bas, un phare

Pourquoi ?

lundi, juillet 03, 2006

Eau de rose

Tu étais au piano, un soir chez des amis communs. J'étais un peu ivre, un peu seulement et je m'ennuyais. Je t'ai écoutée, j'ai dit "c'est du Monk ?". Sans cesser de jouer tu as dit oui en inclinant la tête. Après quelques minutes tu m'as demandé de t'apporter à boire. Ta voix était un peu voilée.
Je ne sais pas résister aux femmes dont la voix est un peu voilée, surtout quand elle joue Monk au piano. J'ai choisi je crois un verre de vin blanc, il était excellent. Tu attendais que je parle dans un silence amusé, j'ai parlé. Je l'ai dit j'étais un peu ivre mais tu as ri, puis tu as parlé un peu, très peu. Tu as joué à nouveau. J'ai dit "j'adore Monk !" , je voulais t'emmener dans ma chambre, là tout de suite. Tu as joué à nouveau, ensuite je ne sais plus très bien mais je t'ai retrouvée près de moi avec à la main un petit sac de cuir rouge. Tu as dit "je vous ramène chez vous" et ce n'était pas une question.
C'était il y a cinq ans à peu près. Ton piano est dans le salon. Ah, ça fait un moment que je sais, ce n'était pas un morceau de Monk, c'est Mélanie qui me l'a appris. Quand tu m'as ramené chez moi, tu as visité l'appartement, tu m'as dit "ça me plait". Je t'ai emmenée dans ma chambre, je l'ai dit j'étais un peu ivre.
Il s'en est suivi quelques jours et beaucoup de nuits. Surtout des nuits.
Maintenant ton piano est dans le salon et ton silence partout dans la maison.
J'écoute un disque, un vynile j'en ai encore quelques uns. Ca gratte et ça crachote. La voix de Terry Williams – toi c'est le jazz, moi c'est le blues - la voix de Terry Williams a l'air de planer paresseusement par dessus. Par dessus ton silence. Je suis nu et je bande un peu mais sans conviction, il fait trop chaud. J'ai bu quelques verres de vin blanc. Assez pour être légèrement ivre.
Je me lève, je vais vers le piano, je tapote quelques touches. Ca fait un son idiot. Je ne sais pas jouer, je préférais t'écouter de toutes façons. Le son sonne et résonne étrangement, je ne l'ai encore jamais entendu comme ça, par dessus la voix de Terry Williams. Et ton silence.
Le bruit de la porte qui s'ouvre. Mon coeur cesse de battre... Tu es magnifique toute en blanc, tu me dis "monsieur, il faut vous habiller", oui, oui, je vais m'habiller, je vais pas me marier tout nu quand même. Je t'embrasse et je te dis doucement au creux de l'oreille "tu sais, il y a longtemps que je sais".
Tu me regardes, l'air interrogateur. " Que ce n'était pas du Monk".

MH

MH
Décision suspendue… nul ne sait ce qu'il en sera, d'une vie encore longue ou plus brève.
Les médecins ont opéré / On ne sait pas encore / Le combat continue

Vie et mort ne sont pas opposés.
Naissance et mort sont un couple qui danse la danse de la vie
C'est une lutte et un infini repos en même temps
Comme la valse à trois temps de Brel
Trois temps qui permettent juste de recommencer
Et de recommencer encore
Avec un puissant désir un désir si fort !

Décision suspendue…