vendredi, juillet 17, 2009

Des petits pas dorés

La terrasse, vue depuis la non encore terrasse.

Ariel est mon redoutable garde du corps.


Hypothèse du vent
Le vent est un porteur de message.

Hypothèse de la pluie
La pluie, ce sont des larmes d'amour enroulées

Hypothèse du nuage
Le nuage est un enfant roi

Hypothèse de la poule
La poule est un sursaut de surprise, tôt le matin

Hypothèse de la vague
La vague est l'hommage du plaisir au désir, ou l'inverse

Hypothèse de la poussière
La poussière est l'envie de rouge dans la vie d'un homme triste

Hypothèse du général
Le général est l'enfant que je n'ai pas été

Hypothèse du matin
Le matin est le lieu de tous les jamais

jeudi, juillet 16, 2009

Séance plénière

J'habitais une maison de vent. J'habite maintenant une maison de coeur et d'âme.
Je vois cela depuis l'entrée.


Un peu plus haut dans le jardin, Alix, qui fut mon professeur de karaté il y a trente ans, a construit un dojo. Il y enseigne, avec Symiane son épouse, aux enfants. Il parle d'une voix douce et égale, tranquille. Les deux petites filles sont des voisines un peu chipies qui m'appellent... "tonton".







Séance plénière.

Dans le cadre de la baie vitrée. Je vois le lagon scintiller et en plein centre la masse sombre d'un îlot. Plus loin la ligne blanche et fine de l'écume que la barrière de corail provoque. Au delà d'elle, la silhouette d'un bateau immobile.

Tout est d'un calme effrayant. Et il y a trop de soleil.

Une femme se lève. Va t-elle danser ? je l'espère. Non, d'un geste sec elle ferme les occultations.
Ombre. Il y a trop de soleil.

vendredi, juillet 10, 2009

Eau de rose (Recyclée)




Tu étais au piano, un soir chez des amis communs. J'étais un peu ivre, un peu et je m'ennuyais. Je t'ai écoutée, j'ai dit "c'est du Monk ?". Sans cesser de jouer tu as dit oui en inclinant la tête. Après quelques minutes tu m'as demandé de t'apporter à boire. Ta voix était un peu voilée.

Je ne sais pas résister aux femmes dont la voix est un peu voilée, surtout quand elle joue Monk au piano. J'ai choisi je crois un verre de vin blanc, il était excellent. Tu m'as regardé attendant que je parle, dans un silence amusé. J'ai parlé. Je l'ai dit j'étais un peu ivre mais tu as ri, puis tu as parlé, très peu. Tu as joué à nouveau. J'ai dit "j'adore Monk !" et j'aurais voulu t'emmener dans ma chambre, là tout de suite. Tu as joué à nouveau, ensuite je ne sais plus très bien mais je t'ai retrouvée près de moi avec à la main un petit sac de cuir rouge. Tu as dit "je n'ai pas de voiture mais je vous ramène chez vous".

C'était il y a cinq ans à peu près. Ton piano est dans le salon. Ah, ça fait un moment que je sais, ce n'était pas un morceau de Monk (c'est Mélanie qui me l'a appris). Quand tu m'as ramené chez moi, tu as visité l'appartement, tu as dit "ça me plait". Je t'ai emmenée dans ma chambre, j'étais un peu ivre. Il s'en est suivi quelques jours et beaucoup de nuits. Surtout des nuits. Maintenant ton piano est dans le salon et ton silence partout dans la maison. J'écoute un disque, un vynile j'en ai encore quelques uns. Ca gratte et ça crachote. La voix de Terry Williams – toi c'est le jazz, moi c'est le blues - la voix de Terry Williams a l'air de planer paresseusement par dessus. Par dessus ton silence. Je suis nu et je bande un peu mais sans conviction, il fait trop chaud. J'ai bu quelques verres de vin blanc. Assez pour être légèrement ivre. Je me lève, je vais vers le piano, je tapote quelques touches. Ca fait un son idiot. Je ne sais pas jouer, je préférais t'écouter de toutes façons. Le son sonne et résonne étrangement, je ne l'ai encore jamais entendu comme ça, par dessus la voix de Terry Williams. Et ton silence. Le bruit de la porte qui s'ouvre. Mon coeur cesse de battre...

Tu es magnifique tout en blanc, tu me dis "monsieur, il faut vous habiller, je vous emmène", oui, oui, je vais m'habiller, je vais pas me marier tout nu quand même. Je t'embrasse et je te dis doucement au creux de l'oreille "tu sais, il y a longtemps que je sais". Tu me regardes, l'air interrogateur. " Que ce n'était pas du Monk".

jeudi, juillet 09, 2009

Photôlegraphie

37 Rue Bellevue




Absolument.
Absolument veut dire "oui" c'est comme ça dans le poste où les gens ne parlent pas français mais le branché et en branché "oui" c'est : "absolument".

J'imagine qu'il s'agit de donner force et énergie à "oui". Il a en effet deux avantages :
Premier, "absolument" permet mettre un accent tonique sur la dernière syllabe, ce qui donne du panache et un air convaincu (AbsoluMENT"). C'est impossible avec "oui".
Deuxième "absolument" est déjà un discours.
"Monsieur le Ministre, appliquerez vous …."
"Absolument… (silence)… "


Un jour, après que la Grande Mutation aura eu lieu, nous entendrons dans le poste
"Monsieur le Ministre, m'aimez-vous ?"
"AbsoluMENT… (silence) …"



mercredi, juillet 08, 2009

Un jeune homme devant une maison en tôle





Je prépare le dix-huitième déménagement de ma vie d'adulte. A nouveau des cartons pour un nouveau déménagement dans un nouveau lieu.
Mais où que j'aille, je ne retrouve jamais que moi.

lundi, juillet 06, 2009

Toles de Mayotte

Une petite fille devant une maison en tôle


Paresse d'écrire. Non, pas encore. Je voudrais que l' écriture me rentre dedans. Mais elle me survole. Elle m'abandonne ensuite, je reste frustré. J'écrivais ces dernières semaines, pendant la pause de midi, dix minutes parfois quinze. Pas plus. Beaucoup trop.
Paresse d'écrire. Ecrire est un muscle. Schlakkkkk!! Susceptible de déchirure.
Tant mieux. J'ai envie de violence.

J'en suis incapable, pourtant.


Il y a des musiques que j'aimais. Je les ai oubliées. Je me fais une joie de les redécouvrir un jour.

J'ai longtemps hésité. Puis, j'ai emmené à Mayotte mon couteau à lame Damas et un minuscule couteau portugais. Les autres, je les ai laissés à Marseille.

Maintenant, il est temps de rentrer à la maison. Si je ferme les yeux et je me demande "c'est où chez moi ?" je ne peux que répondre que je ne sais pas.

vendredi, juillet 03, 2009

Les Poings dans les Poches à Verlaine





Je me suis rendu sur le site Xiti qui me sert de compteur. Un de ses charmes est de signaler par quelle requête un internaute est parvenu sur le site du blog, lorsqu'il y est arrivé via un moteur de recherche. La lecture est surprenante, en voici un florilège.
Plusieurs thématiques peuvent être dégagées et à tout seigneur tout honneur : La Baleine.

Quelques interrogations d'internaute au sujet des baleines, fautes d'orthographe incluses
"yoga du baleinau", "baleine humaine", "Jack le baleino", "balaine en pétard", "vomi de baleine" il y a plusieurs demandes autour du vomi de baleine, "déménagement de baleine", "Raymond la Baleine", il y a le mystérieux "tramway de baleine" et enfin le "bocal pour baleine" qui me pose question.
Mais il y a aussi cette jolie requête " poésie sur la baleine pour la fête des pères".

Une thématique à connotation sexuelle s'exprime souvent sous les deux interrogations de gros seins et des femmes saoûles
"vidéo femme saoule qui vomit", malgache au gros seins", "mahoraise gros seins", "baleine faire l'amour", "fille saoule vomi" c'est peut-être le même pas satisfait de sa première requête ? "bite queu chatte" je rappelle que l'orthographe est d'origine, "femme qui fait pipi sous la douche", "en douceur et en profondeur" que je classe dans cette rubrique mais je ne suis pas sur que ce soit sa place. Pour clore ce thème la question qui dérange "est-ce que les gros seins…". Oui, vraiment je me demande si les gros seins.

Une autre thématique, parce que j'ai commis un post appelé "synonyme" (je crois), concerne les demandes de synonymes justement.
"synonyme de encore moins" "… de plus vierge" sans doute une jeune femme essayant d'annoncer à son fiancé un peu trop coincé qu'elle est … voyons le synonyme de plus vierge c'est ? je chercherai, promis. "Synonyme de face enspermée", pourrait être dans la rubrique ci-dessus, "synonyme de petit paresseux", "…de déjà dit", "… de je n'y suis pour rien". Et puis "synonyme du mot aventure de la vie" que suit "synonyme de pas de bol".
Mais il y a, qui m'a tellement touché, " synonyme de j'ai besoin de tendresse". Par quel miracle cet internaute est-il arrivé sur une page de "l'envol de la Baleine" je l'ignore, mais - s'il lui arrive de revenir, ce post est pour elle ou lui.

Il y a des poètes qui cherchent …
…"les poings dans les poches à Verlaine" ou des "poèmes de joie sur le ghetto"

Enfin, une thématique large, celle des demandes vraiment, vraiment inclassables
"est ce qu'il y a un poisson qui peut tuer la g.." et "poisson qui soigne les mal de tête physique"
"chanson épinoire"
"le tic tac fait il grossir"
"croupe Ségolène"
"histoire du corned beef indien"
"la plante vit sans le savoir"
"je n'aime pas quand il y a des perquisitions chez me"

Je finis avec : "mentalité des congolais" et cette question que chacun se pose "! il y' q r1". Je suis sûr que 'l'Envol de la Baleine' lui a donné réponse.

mercredi, juillet 01, 2009

Coupure de presse




Marcel peint Mayotte et les Comores depuis 15 ans, peut-être plus. Ses peintures sont figuratives et quelqu'un m'a dit "on dirait des photographies". Non.

Les peintures de Marcel sont puissantes, pleines de vie, de matière, de couleurs et de lumières. La nature y est grande, très grande.
Peintures nées de la vie des Comores, elles en parlent.

Mais, on pourrait chercher partout dans l'île les scènes qui sont représentées. On ne les trouverait pas. Parce que Marcel traque, dans ces paysages quotidiens, dans ces scènes de la vie ordinaire, ce qui est beau. Un geste, une couleur, un homme en tshirt rouge à côté d'un baobab imposant, les racines d'un arbre prêtes à étrangler des enfants qui passent, une femme en jaune. C'est cette beauté qu'il s'agit de révéler - non la représenter, la révéler.

Il serait certainement possible de représenter des paysages similaires, des scènes comparables, à l'aide de photographies. Ces photos pourraient même être très belles mais elles seraient banales, elles représenteraient un exotisme mille et mille fois vu. Or, lorsque je regarde des peintures de Marcel et que je me promène ensuite dans la rue cette beauté me saute aux yeux, elle me devient évidente. Je vois ce que je ne voyais pas.
Que s'est-il passé ? Quelle alchimie a provoqué ce changement dans mon regard ?
C'est le propre de l'art que de me permettre de m'émerveiller du monde.

Je sais que je m'endors très vite, je m'habitue. Mais je suis toujours heureux lorsqu'il m'est permis de retrouver le bonheur de vivre, le bonheur des choses qui m'entourent, la beauté du monde, la puissance des couleurs, l'humanité, l'humanité.

Marcel est un personnage puissant comme ses peintures, truculent. Le personnage est ainsi, mais le peintre lui est humble. C'est un mot que j'avais employé dans un post que j'avais écrit lorsque j'ai découvert ses peintures (je crois). Humble parce que il ne met pas Mayotte, sa vie quotidienne, ses paysages, ses habitants à son service à lui mais c'est lui qui se met à leur service.
Vous trouverez quelques traces de ses peintures sur son blog http://comores-mayotte-art.blogspot.com/, vous verrez qu'il est un observateur attentif et drôle de la vie maoraise.