mercredi, juin 27, 2012

Différence de couleurs






Tu marchais dans la rue, au hasard m'a-t-il semblé. Bien entendu j'avais remarqué ta silhouette, puis ton dos et tes fesses et les petites chaussures. La rue était animée, oh! Je me la rappelle cette rue en forte pente que nous avons descendue, toi devant moi derrière. Je réglais mon pas sur le tien, plutôt lent, c'était une flânerie, c'était un jour de vacances. Une vieille femme que tu saluas, quelques mots échangés, tu étais donc du coin, chez toi. J'étais  aussi chez toi en quelque sorte, en tout cas je n'étais pas chez moi puisqu'il n'y a pas de chez moi.

Quelque chose m'a distrait, quoi ? J'ai oublié. Lorsque je reportai mon regard vers toi, tu n'étais plus là. Il me reste de toi, un souvenir et le simple bonheur de cet instant gracieux que tu m'as donné. Pour cela, merci.



lundi, juin 25, 2012

LE LAIT CRU, ON Y CROIT ?






16 heures, d'un bosquet d'arbres verts, un brusque envol de roussettes, dans tous les sens en criaillant. 


17 heures, flot des voitures sur la route, elles ne s'échappent pas vraiment mais queuleuleutent lentes, ordonnées, patientes et lourdes.


18 heures quelques voitures, des gens, quelques roussettes encore, les arbres, l'espace. Pas grand chose en somme.


19 heures je digère une très mauvaise nouvelle, heureusement la maison est calme et silencieuse. Je m'enveloppe dedans et lorsque le silence me pénètre enfin... que dire d'autre que MU, ce mot japonais que l'on traduit par "rien", ou "vide". Pas le vide du creux et du néant, non, le vide des bouddhistes seulement vide de mots parce que sans forme, vide où la raison ne peut aller mais où l'esprit va.                       MU, c'est lent et brutal.









Si vous ne connaissez pas encore Concha Buika (je ne la connais que depuis quelques heures), n'hésitez pas à TOUT faire pour la découvrir : voler, vous vendre ou vendre vos enfants, tuer, voter Chirac, réclamer le retour de Domenech, n'importe quoi, mais écoutez là !! 
Et pendant que vous en êtes à perdre votre âme et vos enfants, essayez Lola y Manuel aussi...

jeudi, juin 07, 2012

LE SOUTERRAIN DU BONHEUR



Hypothèse au sommeil : il est à l'éveil ce que la moustiquaire est au moustique


Hypothèse au riz : un vieil ami gâteux qui arrive toujours à l'heure des repas


Hypothèse à la jolie fille : elle est au désespoir ce que la moustiquaire est au moustique






Souvent c'est au moment de partir au travail que je pense à elle.






Ah! je ne vais pas oublier d'aller voter (je suis un citoyen). Lors du prochain vote j'aurai la carte vermeil et j'insulterai les jeunes.

dimanche, juin 03, 2012

En uniforme bleu

un îlot dans le lagon. Je me demande s"il ne fait pas partie des "quatre frères", 
mais où sont ses frères alors ?



Un îlot, le lagon, la barrière de corail et l'horizon, simple trait entre l'immense de la mer et l'immense du ciel.
Là où ils se rejoignent, mer et ciel bleus mêlés, je vous présente Mayotte.

lundi, mai 28, 2012

A ceux qui n'ont jamais mangé de topinambour




Ah, le festival de Cannes !! Il fait partie de ces événements que l"on" m'inflige chaque année, événements toujours aussi vides, toujours aussi creux, inutiles et barbares. C'est même parce qu'ils sont creux qu'ils résonnent avec autant d'ampleur. Je pourrai prendre les commentaires de l'année dernière, ceux de l'année prochaine, rien que le vide infiniment remâché.

Il y aura Roland Garros, les coupes Davis, le tour de France, Les Molières de ceci et les Césars de cela. Les lunettes de Brad Pitt, le décolleté de truc, et Untel qui "vient pour gagner" et Machin qui se répète ou répète le déjà dit.

Des ombres, nos rêves, notre ennui. Pas grand chose.



Vendredi matin, de la fenêtre du bureau de Jean Jacques, j'ai fait coucou à Fatima. Sur la grille derrière elle il y avait un mainate qui me regardait. Puis un camion est passé, deux autres filles qui bavardaient et un peu de vent. Un souffle qui a fait bouger les feuilles des bananiers.
Ici non plus on ne voit pas le vent.



Quinze makis sur un fil téléphone pour traverser la route. Sautent sur un toit de tôle, bang !! quinze fois.


samedi, mai 19, 2012

HUILE DE MESSAGE






Elle est assise sous l'arbre, berçant son enfant. Pour moi elle est une ombre; pour la fourmi courant au sol, elle est une montagne. Pour la loi, elle est une sans papier.
Mais pour l'enfant, elle est tout.

Elle est là, pieds nus. Je vérifie autour, tout le monde a des chaussures ou des claquettes. Elle, est pieds nus.
Si pauvre. Personne ne la regarde.
J'ai dans la poche deux billets, dix euros et vingt euros. Main dans la poche je passe, sans la regarder.
Si pauvre ...


Si je me souviens bien, lorsque j'avais dix ans j'étais amoureux d'une certaine Claire; blonde, je n'en sais pas plus.
Avant il y avait Véronique, après Catherine, Anne Marie, Michelle, Patricia... D'autres.
Aujourd'hui elles ont mon âge et c'est très drôle. J'espère qu'elles ont été heureuses, qu'elles le sont encore.
A chacune une pensée joyeuse.


Si je devais refaire ma vie, je ferais pareil, mais autrement.



En général, lorsque j'écoute Michel Portal, c'est que ça va mal. Ce mec c'est des tripes en vrac, brut.
Mais là, je vais bien.

... Applaudissements. Je l'imagine s'inclinant, le saxo dans la main droite et cet étrange sourire pas content. J'imagine la nuit d'été (forcément l'été) en Provence. La foule, avec un léger bruit rose.
Le piano lance quelques notes, un accord. La guitare le suit peut-être, puis le silence ou un grillon.
Un rythme s'ébauche, un autre aussi, en même temps. Ca prend forme doucement, le saxo en haut. Et le bandonéon. Chacun dans la foule attend, devine, enchaîne.
Moi, j'imagine.


samedi, mai 12, 2012

PinK JazZ







Eh bien … j’avais oublié le blog, mais ô Débit enfin arrivé sur notre île, je me demande si je vais le poursuivre.
Sans doute que oui.
Sans doute que non.


Un air de smooth jazz dans l’oreille droite, le silence de l’autre côté.
Il n’est pas encore tout à fait assez tard, je ne suis pas encore tout à fait assez fatigué, pas assez mélancolique mais bien assez seul pour prendre le temps d'un post.
Seul et je me dis " je ne dois rien à personne " même si ce n’est pas vrai.



La saison des pluies commence à finir, elle a été longue cette année. Il me semble qu'il y a moins de chats dehors, moins de chiens aussi. Ou bien je me suis habitué ? Toujours beaucoup d'enfants, trop de naissances sur cette toute petite île. Je n'aimerais pas être eux, les enfants, je n'aimerais pas.


Parfois je pense à ma mort, je n'ai pas trop peur. Parfois souvent et pas trop mais quand même! En attendant je continue à détester les adverbes, démesurément, et à me méfier des adjectifs, grandiloquents zet redondants. Je limite mes lectures aux auteurs qui sont comme moi, sauf Hamadou Ampaté Bâ, évidemment adverbialement ( Il n'est pas un écrivain objectif mais un écrivain adjectif).
Le rapport avec la mort, sans doute quelque chose comme "perdre le fil", ou toute autre raison qui vous plaira.


Je viens de finir une nouvelle de Jim Harisson. J'aime Jim Harrisson alors je lui mets deux "r", pour avoir bien l'air.

lundi, octobre 24, 2011

Un soleil radieux

Fatima est ma fiancée. Un peu bagarreuse mais autrement ça va





Amour

Je suis un cannibale, un ogre
Les Hommes ont peur de moi parce que je les aime

Haine
Je t'ai haie alors que tu m'aimais, et le Monde tournait.
Je t'aime maintenant et le Monde continue de tourner,
tourner, tourner

Joie
Que toute joie cesse !
Tant que je ne serai pas pleinement heureux
Vous là-bas, assez ! Vous aussi !
Nus, nous irons aux poteaux de torture

Douleur
Ce point, là, au creux du corps
cache la sale gueule de l'absence
Non pas en moi, mais moi
Je l'appelle Douleur, et parfois je l'aime.