vendredi, octobre 26, 2012

Hesitation, une valse comme une autre




Elles sont cinq, deux petites, une toute petite et deux minuscules de deux ou trois ans. En rouge, en vert, en jaune et bleu. De larges sourires où, ici ou là, quelques dents manquent.
Elles sont intimidées, elles se tiennent sur le bord de la terrasse, se tortillent et ricanent.
Puis brusquement, y a t-il eu un signal ? elles s'enfuient à toute vitesse, sauf la plus petite, celle qui marche à peine, qui me regarde.


Depuis quelques semaines entre paresse et je m'en foutisme, j'erre... 'Mon beau navire Ô ma mémoire..." navigation paresseuse, tout parait futile.
J'ai envie de repos, de calme, de chaleur.
Plonger. J'en ai assez du lagon, j'ai seulement envie d'être dans le bleu le plus grand.



Un moine pélerin obtint une entrevue avec le Maître Tao Wuet lui demanda quelle était la signification profonde du zen. Tao Wu descendit de sa chaise, s'inclina devant son visiteur et lui dit " Tu viens de loin, sois donc le bienvenu. Mais je crains de n'avoir pas grand chose à t'offrir"



dimanche, octobre 21, 2012

Le mont FUJI et les cerisiers en fleurs


Nagaraeba
Mata konogoro ya
Shinobaremu

Ushi to mishi yo zo
Ima wa koishiki

Enfance perdue
Comme je t'ai méprisée
quand j'étais enfant
Et comment te retrouver
maintenant que je suis vieux

Kiyo Suke (fin du 12èm siècle) 


Je me rappelle l'ascension vers le monastère, le mont Fuji dans notre dos et en bas dans la vallée un millier de cerisiers en fleurs. C'était il n'y a pas si longtemps.





Du côté des enfants gâtés
J'écoutais dans le poste le drame du manque de place dans les crèches. Un homme dit " les crèches, c'est un service public"



Je rêve d'une pièce de théâtre sur deux plateaux, avec les mêmes personnages. Les acteurs passant d'un plateau à l'autre, chacune des scènes peut être vue comme une seule "vraie" pièce et révèle de l'autre scène ce qu'on ne sait pas, ce qu'on ne voit et ce qu'on ne devine même pas.
Je soupçonne la réalité d'être ainsi, mais il faudrait une infinité de plateaux.



C'est curieux comme les pessimistes se déclarent toujours "lucides".



Le dernier homme, tout seul dans l'Univers, ne pourrait pas faire le mal, le pauvre.
Donc le mal, c'est les autres.
J'avais déjà deviné ça.



Sensei disait "l'ignorance est un mécanisme". Comprendre est un accident et un abandon.

mardi, octobre 16, 2012

L'exponentielle de la force



Comment parler du vol d'un oiseau ?
En claquant des doigts.

Hypothèse au désastre : le temps d'un soupir, un ouragan.

Hypothèse aux eaux calmes : le signe du tao sur les rayons de la lune

Hypothèse à la rumeur : un homme sale et barbu en short et en tongues; tout le monde le regarde. Il boit une bière et rote; tout le monde l'entend.

Hypothèse aux pleurs : comme "fleurs" ou presque.

Hypothèse à l'ours : se sentir comme un animal au moment du réveil, sans "je", comme MP.

Hypothèse au goût du poivre : un sexe de femme le jour où je suis fou de désir.


Je vais bientôt quitter Mayotte sans savoir où je vais aller. Exciting, isn't it ?

mercredi, septembre 26, 2012





Papa est mort. Lui ai-je dit que je l'aimais ? Les derniers mots qu'il m'a dits c'était "je ne sais pas qui tu es, mais tu es très beau". Je ne savais pas que ce serait ses derniers mots pour moi.



mercredi, août 29, 2012

toute phrase commencée doit être achevée







"Les dinosaures ça n'existe pas. Il n'y a pas de preuves", cela m"est dit d'un ton affirmatif par quelqu'un qui croit dur comme fer à la bible. "C'est juste des mensonges".
Alors les bras m'en tombent. L'esprit humain est ainsi fait qu'il croit à ce qui l'arrange et qui ne dérangera pas sa vision du monde, laquelle est plus importante que la réalité.

Quoique, c'est vrai il n'y a pas de preuves, pas une seule photo, même petite, même floue. pas de diplodocus errant dans la forêt, et personne ne peut dire qu'il a vu un ptérodactyle voler dans les airs. Personne. 
Il y a seulement des os, même pas : des bouts d'os... Sont-ce des preuves ? 
Alors que la bible !!! Déjà, dans la bible il n'y a pas d'os, ce qui est une première preuve (si, c'est très logique car si "os = pas de preuve", alors "pas d'os = preuve"). Ensuite puisqu'il y a quelque chose plutôt que rien c'est qu'il y a un Dieu et donc pas de dinosaures.
La Bible 2, les dinosaures 0.




J'ai toujours voulu être méchant sans y parvenir autrement que par faiblesse ou par paresse. Par contre, j'ai l'air méchant.

lundi, juillet 30, 2012

Le Temps d'avant le Temps




L'essence du Zen ne peut pas être saisie. Ce n'est pas un concept, ce n'est pas une intuition non plus, ni rien qui puisse se dire.
Le mot le plus proche serait "parfum" à mon avis.

"Ce n'est que cela, il n'y a pas l'ombre d'un poil d'une quelconque vérité à saisir"
En attendant de découvrir que le parfum n'existe pas. Peut-être.


J'aime beaucoup ça : "j'ai abandonné mon égo et je suis devenu le monde"  c'est faux bien entendu, on ne peut pas devenir ce que on est déjà naturellement, mais c'est joli.

Le chien qui aboie dehors, la voix aigüe de la voisine, des bruits de cuisine. Heure affairée. Tout cela fait le monde, et il faut tout cela pour le faire. Moi, en cet instant, sans bruit.
Vivant pourtant, bien vivant.

Quand je me suis entraîné dur j'ai mal aux muscles plus longtemps. Alors j'en fais moins et je découvre un plaisir dont je ne savais rien avant.

dimanche, juillet 22, 2012

Petits zoms verts







Ah, je profite de l'énergie du ramadan pour commencer un jeûne à ma façon, une semaine jusqu'à Samedi.
A Mayotte, Ramadan c'est quelque chose ! L'atmosphère est transformée, calme et plus recueillie. Au coucher du soleil, une excitation joyeuse avant le silence de la nuit.
J'aime cette période, un peu longue tout de même.

Ce matin, plus fort que d'habitude le bruit des makis sur le toit du cabanon. On dirait qu'ils couraient après eux-mêmes.

 Deux hommes noirs très grands. L'un d'eux porte une tunique et un pantalon beiges, très amples, d'un tissage à l'aspect brut. Des motifs géométriques simples ornent les épaules et le niveau des chevilles. 
Il me dit en rigolant que ça vient du Sénégal.


Si je devais tout recommencer à zéro, ou à un, je me ferais calligraphe, riche et célèbre. Je voyagerais dans le monde entier où des groupies nombreuses et sensuelles se disputeraient l'honneur de ma présence. Je ne leur accorderais qu'une attention distraite et hautaine sauf si elles sont bonnes cuisinières.
Hélas, un calligraphe riche et célèbre, cela n'existe pas, notre monde n'aime que les footballeurs.



dimanche, juillet 15, 2012

le regard endormi du Sphinx




La vie a son rythme, les choses naissent, vivent et meurent et je peux me laisser porter, emporter, transporter là où je veux aller. Par une vague, 
comme un poisson, comme un fou (citation Soufie).

Je recycle d'anciennes photos, je n'en ai aucune de récentes. Pas envie d'en faire. 
Je me sens plein de rien et d'urgence de ne rien faire ni rien penser. J'ai même regardé deux matches de la récente coupe d'Europe de foot, sans joie mais sans ennui. 
C'est ça, vieillir ?

Martina vit à Prague. Coucou Martina ! Je me rappelle Avignon, le Tourisme, et tout ce qu'on n'a pas dit. Rien ne change vraiment, sauf nous parfois.

J'écoute un air de jazz guitare et prépare du riz et des lentilles. Une voix qui chante "I'm guilty if I love you...", je suis coupable de t'aimer... Ah l'amour ! Ici à Mayotte, il existe le verbe "lover" que Fatou m'avait appris. 
Lover est un crime dont la punition est le plaisir.

Et puis d'anciennes musiques, qui me font danser.

Je ne vis jamais deux fois la même émotion. Celles que je traverse, elles se ressemblent, s'imitent et se côtoient. Mais avec de l'attention tout est toujours neuf. 
Tellement étrange que ma vie soit CELA exactement, un air de jazz qui succède à un autre et c'est bien.

Chang Ching demanda à Po Chang :
"Certains recherchent le Bouddha. Qu'est ce que rechercher le Bouddha ?"
"C'est comme, alors qu'on est en train de chevaucher un buffle, partir à sa recherche"
"Et quand on le trouve c'est comment ?"
"C'est comme rentrer à la maison en chevauchant le buffle"