vendredi, juillet 03, 2009

Les Poings dans les Poches à Verlaine





Je me suis rendu sur le site Xiti qui me sert de compteur. Un de ses charmes est de signaler par quelle requête un internaute est parvenu sur le site du blog, lorsqu'il y est arrivé via un moteur de recherche. La lecture est surprenante, en voici un florilège.
Plusieurs thématiques peuvent être dégagées et à tout seigneur tout honneur : La Baleine.

Quelques interrogations d'internaute au sujet des baleines, fautes d'orthographe incluses
"yoga du baleinau", "baleine humaine", "Jack le baleino", "balaine en pétard", "vomi de baleine" il y a plusieurs demandes autour du vomi de baleine, "déménagement de baleine", "Raymond la Baleine", il y a le mystérieux "tramway de baleine" et enfin le "bocal pour baleine" qui me pose question.
Mais il y a aussi cette jolie requête " poésie sur la baleine pour la fête des pères".

Une thématique à connotation sexuelle s'exprime souvent sous les deux interrogations de gros seins et des femmes saoûles
"vidéo femme saoule qui vomit", malgache au gros seins", "mahoraise gros seins", "baleine faire l'amour", "fille saoule vomi" c'est peut-être le même pas satisfait de sa première requête ? "bite queu chatte" je rappelle que l'orthographe est d'origine, "femme qui fait pipi sous la douche", "en douceur et en profondeur" que je classe dans cette rubrique mais je ne suis pas sur que ce soit sa place. Pour clore ce thème la question qui dérange "est-ce que les gros seins…". Oui, vraiment je me demande si les gros seins.

Une autre thématique, parce que j'ai commis un post appelé "synonyme" (je crois), concerne les demandes de synonymes justement.
"synonyme de encore moins" "… de plus vierge" sans doute une jeune femme essayant d'annoncer à son fiancé un peu trop coincé qu'elle est … voyons le synonyme de plus vierge c'est ? je chercherai, promis. "Synonyme de face enspermée", pourrait être dans la rubrique ci-dessus, "synonyme de petit paresseux", "…de déjà dit", "… de je n'y suis pour rien". Et puis "synonyme du mot aventure de la vie" que suit "synonyme de pas de bol".
Mais il y a, qui m'a tellement touché, " synonyme de j'ai besoin de tendresse". Par quel miracle cet internaute est-il arrivé sur une page de "l'envol de la Baleine" je l'ignore, mais - s'il lui arrive de revenir, ce post est pour elle ou lui.

Il y a des poètes qui cherchent …
…"les poings dans les poches à Verlaine" ou des "poèmes de joie sur le ghetto"

Enfin, une thématique large, celle des demandes vraiment, vraiment inclassables
"est ce qu'il y a un poisson qui peut tuer la g.." et "poisson qui soigne les mal de tête physique"
"chanson épinoire"
"le tic tac fait il grossir"
"croupe Ségolène"
"histoire du corned beef indien"
"la plante vit sans le savoir"
"je n'aime pas quand il y a des perquisitions chez me"

Je finis avec : "mentalité des congolais" et cette question que chacun se pose "! il y' q r1". Je suis sûr que 'l'Envol de la Baleine' lui a donné réponse.

mercredi, juillet 01, 2009

Coupure de presse




Marcel peint Mayotte et les Comores depuis 15 ans, peut-être plus. Ses peintures sont figuratives et quelqu'un m'a dit "on dirait des photographies". Non.

Les peintures de Marcel sont puissantes, pleines de vie, de matière, de couleurs et de lumières. La nature y est grande, très grande.
Peintures nées de la vie des Comores, elles en parlent.

Mais, on pourrait chercher partout dans l'île les scènes qui sont représentées. On ne les trouverait pas. Parce que Marcel traque, dans ces paysages quotidiens, dans ces scènes de la vie ordinaire, ce qui est beau. Un geste, une couleur, un homme en tshirt rouge à côté d'un baobab imposant, les racines d'un arbre prêtes à étrangler des enfants qui passent, une femme en jaune. C'est cette beauté qu'il s'agit de révéler - non la représenter, la révéler.

Il serait certainement possible de représenter des paysages similaires, des scènes comparables, à l'aide de photographies. Ces photos pourraient même être très belles mais elles seraient banales, elles représenteraient un exotisme mille et mille fois vu. Or, lorsque je regarde des peintures de Marcel et que je me promène ensuite dans la rue cette beauté me saute aux yeux, elle me devient évidente. Je vois ce que je ne voyais pas.
Que s'est-il passé ? Quelle alchimie a provoqué ce changement dans mon regard ?
C'est le propre de l'art que de me permettre de m'émerveiller du monde.

Je sais que je m'endors très vite, je m'habitue. Mais je suis toujours heureux lorsqu'il m'est permis de retrouver le bonheur de vivre, le bonheur des choses qui m'entourent, la beauté du monde, la puissance des couleurs, l'humanité, l'humanité.

Marcel est un personnage puissant comme ses peintures, truculent. Le personnage est ainsi, mais le peintre lui est humble. C'est un mot que j'avais employé dans un post que j'avais écrit lorsque j'ai découvert ses peintures (je crois). Humble parce que il ne met pas Mayotte, sa vie quotidienne, ses paysages, ses habitants à son service à lui mais c'est lui qui se met à leur service.
Vous trouverez quelques traces de ses peintures sur son blog http://comores-mayotte-art.blogspot.com/, vous verrez qu'il est un observateur attentif et drôle de la vie maoraise.

lundi, juin 29, 2009

Cyclage / Ré mineur






Les aubes sont pâles, à mon âge. Je pensais qu'elles noirciraient au contraire, en devenant plus aigues et plus étroites. Elles sont pâles, seulement.
Suivent les heures chaudes, les heures lentes et lourdes, sinueuses. Heures de violences, d'appétits féroces à satisfaire, j'en ai eu ma part.Puis des heures dures, où l'amour prend sans donner, des heures qui brillent de leurs mille feux tous faux. Ces feux ne brûlent pas, je le sais de ce vain savoir des adultes bientôt vieux.
Enfin les heures de la nuit, douce, caressante, sournoise, violente elle aussi. La nuit est un raccourci qui ne va presque nulle part, et que j'ai tellement arpentée. Elle est un mensonge, songe qui ment qui mène à l'aube pâle.

Et l'aube pâle.Voilà la rondeur des jours que je compte à rebours.

mercredi, juin 24, 2009


Le père fouettard ne se laisse pas faire !!

Parce que je vais quitter la maison de Sada, voilà qu'elle se pare de vertus que je ne voyais plus. L'espace dedans comme dehors pour commencer. Le silence, troublé parfois, mais seulement parfois, par les chiens errants nombreux ici. Il s'agit en réalité d'un silence habité par les cris des roussettes, les grognements des makis ou le bruit des feuilles qu'ils agitent vigoureusement. Ou bien les poules du voisin, tôt le matin et même le dimanche. C'est un beau silence.



La pièce pour zazen où la lumière est plus douce.
Le petit bout de mer entre les arbres que je n'ai pas eu le cœur de couper pour avoir un grand bout de mer à regarder. Le chat qui revient vagabonder et dormir sur le canapé rouge de la terrasse.

Il faut toujours abandonner ceci pour profiter de cela.

mardi, juin 23, 2009

Frôlesse

Une plage de sable noir, ce sont peut-être des fruits de palétuviers





Il existe des mots tendres qui évoquent la douceur et une sensation désuète de tranquillité et d'amour. Il y a 'caresses' que j'aime au pluriel et 'frôlement', au singulier. Un autre joli mot est 'effleurer' qui contient une fleur.
Ces mots parlent des gestes légers que j'ai parfois, de la fragilité non de l'autre mais de la relation comme d'un sentiment en train de naître. Pourtant une caresse n'est pas une hésitation, encore moins un retrait mais c'est un vrai geste, plein de soi-même.
Caresse va avec émerveillement, frôlement va avec découverte, neuf, joie. Effleurer convient à 'prendre soin' mais aussi 'garder la beauté'.

Il arrive que l'un de ces gestes soit plus puissant que la plus puissante des étreintes.

Il arrive aussi qu'une caresse se perde, ou que je l'oublie. Quelle émotion lorsque je me la rappelle !

Il arrive enfin que je ne l'ose pas, mais alors je ne suis pas plus riche de l'avoir retenue, au contraire.

Toutes les caresses que j'aurai données et reçues sont comptées dans le Livre de la Vie et elles m'attendent. Au moment du grand saut, elles seront le matelas qui amortit la chute.
Je fais tout pour avoir un matelas épais et moelleux.

lundi, juin 22, 2009

Le CaRnAvAl des dJiNnS

Barakani, dimanche



J'avais prévu pour ce dernier week-end :
1) D'assister à un ballet contemporain vendredi (il y en deux par an dans l'île), mais je l'ai loupé.
2) D'être invité à une soirée samedi et j'y tenais. Mais j'ai oublié à cause d'une sieste tardive d'après plongée, d'un réveil à moitié, d'un bon livre, de la fatigue vers 2h du matin, et d'un lit qui était là. Au réveil le sentiment diffus d'avoir oublié quelque chose et oh…!!!
3) Enfin dimanche, vernissage dans une galerie commerciale accompagnée d'un concert dont on m'a vanté la qualité et l'authenticité – pas de commentaires sur ce mot, simplement parfois il est justifié. Un événement imprévu m'a empêché de rester.

Mais il y a eu aussi une plongée dans la passe Bandrélé où les coraux sont ciselés comme des miniatures, un livre truculent de Cavana avalé d'une traite, une expo de belles peintures dans un lieu inattendu, du soleil et des instants de plaisir. Quoi d'autre ? Un rhum arrangé en regardant le soleil partir, zazen sans un moustique deux matins de suite, l'odeur des encens japonais, le goût du thé blanc légèrement sucré, le silence la nuit souligné par les makis et les grillons.
Et l'envie de vivre encore et encore.

vendredi, juin 19, 2009

Orthogonal




Il y a des grèves dans l'île depuis plusieurs jours.
Ce matin, des policiers municipaux manifestaient en tenue. Comme toujours ici, les rassemblements ont lieu en musique.
Tout le monde dansait, y compris les policiers avec leurs drapeaux CGT.

jeudi, juin 18, 2009

Tirage limité





Avoir du temps. Expression étrange, j'aurais beau faire il y aura toujours dans mes journées 24 heures.
Aller lentement me donne l'impression de maîtriser le temps et d'en avoir beaucoup. Du coup je m'allège.
Parfois je vais vite pour me rendre à un endroit où je n'ai rien de spécial à faire.
Il m'est arrivé, un jour que je marchais tranquillement, d'être dépassé par un enfant de cinq ans à peu près. J'ai accéléré.
Ce matin j'ai fait demi tour dans un tas d'ordures pour aller rechercher l'un de mes DEUX téléphones portables, oublié sur la table. Je me demande comment m'est venue cette idée "j'ai oublié un téléphone", mais je me suis arrêté tout net. L'idée est venue toute seule, née de rien il me semble. C'est inquiétant.

Un fauteuil, un bout de bibliothèque, un abat-jour. Là-bas c'est comme ça.