samedi, août 04, 2007

D'où vient la nuit ?
De mon désir disais-je, et je le croyais.

Où va-t-elle ?
Là où mène sa liberté, où je ne pouvais aller, et je le croyais

En revient-elle ?
Oui, chaque jour. Je croyais que c'était à chaque fois une nouvelle nuit. C'était la même, je ne le savais pas.

Peut-on l'apprivoiser ?
Peut-être, comme on s'apprivoise soi-même, en s'apprivoisant soi-même

Doit-on le faire ?
Non.




Le Chien de GOYA

lundi, juillet 30, 2007

temps passé

Un trait d'or un trait d'argent
nous sommes amants

Cette goutte entre tes fesses
c'est moi

Mon sexe dans ton sexe est en voyage, je voudrais un exil

Laissons là les draps froissés, ils nous ont assez entendus


dimanche, juillet 29, 2007

CoNtReBaSSe

3h du matin, contrebasse.

Qu'ai-je dit hier ? les heures passées ont-elles vraiment été? Pourquoi les mots échappent-ils toujours à celui qui les dit ? Ils vivent leur vie qui n'est pas la mienne.
Il faudrait un air de flûte maintenant, un air étrange qui ne soit pas d'ici pour que ce ne soit pas de moi. Parce que je ne suis pas d'ici.

Je ne sais pas d'où je viens. C'est une histoire de rythmes, de percussions qui m'a fait comprendre ça. Les rythmes peuvent s'épouser pour une danse qui n'est pas la vie parce qu'elle est seulement cela, une danse.
Chercher quelque chose, sans cesse, au lieu de l'abandon d'accepter que la danse soit seulement cette danse là, qui n'est pas la mienne.

J'entends maintenant une guitare et elle pleure pour moi, je suis un enfant qui se berce dans ses propres bras. Je n'ai pas honte, non, jamais. La nuit m'a pris en amitié, je le sais je peux compter sur elle.
Je terrasse le jour, chaque jour pour qu'elle vienne.

Les guitares sont plus nombreuses, nerveuses comme si elles avaient peur. J'entends les voix qui les surmontent, les frôlent plutôt. Et des tambours, comment sont-ils venus si vite d'Afrique ? il y a un instant à peine j'étais seul.
Faut-il baisser le son, éteindre, m'éteindre ? Le bruit du monde, s'il est la Vie (que serait-elle d'autre ?): je mourrai du silence.

La nuit est nuit comme le jour est bruit.








mercredi, juillet 25, 2007

La ViE eN gRiS

















Ils entrelacent leurs histoires, lui est l'aveu elle est miroir. Ce qu'ils ont dit nul ne le sait, c'était entre eux, une âme en deux.
La vie en gris c'est du passé.
Fallait qu'ils vivent et créent leur vie, comme ont vécu d'autres aussi.
C'était l'été ou un printemps, l'été tout l'temps, l'été printemps. Y'avait qu'le temps de faire l'amour, le faire encore et puis toujours, pas se lasser de tant baiser.
Les rues la ville chantaient ce bruit, même les murs portaient parole, disant qu'ils s'aiment et qu'elle est folle et qu'il sont fous à enfermer dans une chambre avec un lit pour mobilier
On entendait le lit grincer.

La vie tout seul c'est dépassé.

Je les revois vingt ans après, quand le passé a foutu l'camp et qu'le présent est mal barré
Je les revois ils ont changé, ont leur maison et des enfants
Mais
On n'entend plus le lit grincer
La vie en gris c'est maintenant

mardi, juillet 24, 2007

ENVIE D'ETE


ENVIE D'ETE

Les horizons confondus et
la course lente des eaux
même le vent a baissé les bras

Enroulé sur le tiède
un parfum
comme si elle était là



EAUX

Le chatoiement des eaux
ravive les souvenirs
d'accords imparfaits

de douceurs mâles
qu'elle n'a pas oubliées



OUBLI

Le bleu de ses pas
sur le sol de haute lisse
d'or pâle lueur

Elle approchera de moi
pour frôler mon abandon

et elle dansera
la légende des amours
que j'ai oubliées

Pour être à elle

PALEOCORTEX et MOELLE EPINIERE



















Invitation au voyage




Paléocortex et moelle épinière.
Certains jours j'aimerais être seulement équipé de ces deux-là. Ce doit être suffisant pour la Vie.
Assez pour aimer.

Sans doute la vie quotidienne serait-elle un peu plus compliquée, encore que…
Mais en échange j'aimerais vraiment, sans retenue, sans calculs et sans freins.

J'écoutais à la radio une chanson soupe sentimentale, genre de truc bêlant gnan gnan trop plein de violons et de claviers.
Cette musique là, les multitonnes de littérature idiote, les films guimauviens de Holly et Bollywood (un régal à petite dose), devraient tous ensemble écœurer par leurs excès une humanité normale de "l'Amour" – celui avec un grand "A", pas celui avec un grand "Q".

Eh bien non ! Mais on fait compliqué, la complication du jour définissant une "modernité", voire une post-modernité, qu'il est de bon ton d'appliquer à sa vie personnelle.

D'où mon désir de me réduire à un paléocortex et une moelle épinière.
Peut-être même "ou" plutôt que "et" ?

jeudi, juillet 19, 2007

Anse de Malmousque

Une toute petite calanque dans Marseille, à peine quelques rochers. Pour l'imaginer, poser dans le regard la mer, des îles, des bateaux et du ciel.


Malmousque, il y a quelques jours

Au loin la forme mouvante d'une eau couleur léger; les reflets du soleil, dix mille éblouissements successifs. La brillance s'impose.
Les formes plus précises d'un bateau, d'un phare, d'un château ferment l'horizon et une île et encore un bateau.

A terre, bruits et absence d'odeurs. Bruits de pas, bruits de voix, bruits de Plouff!!
Le ballet gracieux de trois cannes à pêche, une rouge, une verte, une noire.
Pile entre terre et horizon, le Schlakk Schlakk!! d'un hors bord à pleine vitesse, éclaboussé d'écume en neige.

Et puis oh! un calme soudain, un silence de quelques secondes à peine où la terre retient son souffle.

Et Plouff!! et Plouff!! et Plouff!!
dont un Plouff!! de chien; tout recommence, le bruit de la vie-tendresse pimenté cette fois d'un filet d'odeur de crème solaire.

Le regard finit avec le ciel, où les mouettes criardes répandent la nouvelle, qu'il fait beau et que l'eau a une couleur léger.



Malmousque,photo piquée sur le site http://marseillemaville.free.fr/gallerie








lundi, juillet 16, 2007

TrAcEs



















"Tanambao", la vieille ville de Fianarantsoa (orthographe non garantie)



La trace des jours passés sur son visage était à lire; les bonheurs, les dix mille matins trop tôt à se lever, les peurs, les plaisirs et les joies. Avec le doigt suivre leurs traces.
Pour cette ride infime, combien de pleurs ont été tus ? Et combien de joies pour celle-là ?
Le doigt apprend à reconnaître les vallées et les collines du visage de l'autre, mais il faut d'abord fermer les yeux.

La vie est minuscule et la sienne le fut comme l'est la mienne ou la vôtre.
Rien que ma main sur son visage.
J'ai peur de la mort des miens.