jeudi, juin 05, 2008

LANGUE


Un baobab près de la plage du phare






Je ne connais pas ta langue. Je voudrais la connaître. Non, je veux. Savoir ce que ça fait lorsqu'elle glisse sur la mienne, lorsqu'elle roule, ta langue. Elle roule, elle n'est pas la mienne, différente. Je la découvrirai, prenant le temps, en me méfiant des pareils. Et je mêlerai les deux, mélange. Je mélange, tu mets l'ange et le diable.

Un moment j'ai cru… C'était quand ? Hier je crois.
"Donne!" "Jamais!" tu as dit "jamais" mais qu'est-ce que tu as dit ? As-tu parlé, ou ta langue, ou ta bouche ? C'étaient eux. J'ai répété "jamais!" et ta langue était dans ma bouche, roulait dans ma bouche, je la goûtais. C'était une découverte.
Mais après ton départ, je ne comprenais plus rien. Peut-être que j'avais rêvé, que j'avais seulement cru que…

Plage du phare. J'ai donné un coup de pied dans une noix de coco, elle a roulé jusqu'à l'océan. Je l'y ai laissée.

vendredi, mai 30, 2008

"La gloire d'un Général est faite de dix mille squelettes"

La situation était au-delà de tout espoir.
Le Général KyHio Sahagakari l'avait compris, mais le jeune fou à qui il devait obéissance ne comprenait rien. Trop excité par l'odeur du sang. Sahagakari avait déconseillé d'attaquer là où la cavalerie serait embourbée dans les marécages. L'autre fou avait répliqué que justement personne ne s'attendrait à cette attaque là. Puis il avait ri, content de lui. Les flatteurs qui l'entouraient avaient ri aussi. Ils riaient quand le fou riait, grondaient quand il grondait, pleuraient quand il pleurait et se cachaient quand il fallait se battre.

Jeune fou ! C'était sa première bataille et ce serait aussi la dernière, son vieil ennemi Hoshô y veillerait, il était cruel.
Hoshô ! La vue du sang ne l'excitait plus, seuls la victoire et son cortège de pouvoir, de richesses et de femmes soumises ! Voilà ce qui l'excitait. Et de voir les hommes trembler. Il n'aimait pas KyHio Sahagakari, mais ne le méprisait pas comme il méprisait tout le monde, admirant son courage et sa fidélité.
Il savait que celui-ci vaincu se couperait le ventre juste avant le grand silence qui suit les batailles, puis son assistant lui trancherait la tête.

Une idée réjouissante, se dit Hoshô, réjouissante, autant que l'idée de prendre comme concubine la belle Taïko, si douce, la propre fille de son ennemi.
Cette idée, pour la première fois de la journée, fit sourire le général.





le départ

vendredi, mai 23, 2008

Visites...


L'envol de la Baleine a reçu 149 visites cette semaine.


Quelques visiteurs ont dû être déçus, parce que voici le relevé exhaustif des mots clés tapés sur Google et qui ont abouti sur "l'envol" (nota : les fauttes d'ortograf font aussi partie des recherches)


photo de baleine dessiner a la main
mahoraises aux gros seins
je suis une femme de madagascar j' ai des gros seins
jusqu a quelle ages vie une baleine
mayotte
malmousque
quartier nord de marseille
le chien de goya
malmousque photos
photo menton en galoche
danser une gigue
flexion des avant bras
la malmousque
jacques fretay


"danser la gigue" et "flexion des avant bras" sont des thèmes de recherche presque systématiques.

Je remarque que j'attire beaucoup les "gros seins", enfin ceux qui en parlent ou veulent en voir.


Je me demande ce que cherchait celui ou celle qui a tapé "photo menton en galoche" ??? Et pourquoi, et comment, elle ou il a atterri sur les pages de "l'envol de la baleine" : sur cette recherche je n'ai même pas trouvé une de mes pages sur les cent premières occurrences Google.


Mais enfin, à tous, à chacun et à tout le monde


BIENVENUE A BORD

Elle me manque



jeudi, mai 22, 2008

ImAgEs De MaYoTtE


D'un buisson couleur sang
surgit un maki
couleur terre


La plage
c'est l'entrée de la mer


Je ne pose pas mon pied et ...
... il vit encore, le caméléon !


Je verrai pousser les mangues, les ananas, les oranges
et l'incendie de la mer.

samedi, avril 19, 2008

Trouvaille

Mayotte a pour surnom l'île aux parfums.
Dès qu'on quitte Mamoudzou la grande ville, et surtout dans le sud, l'air se respire.

Il y a un autre moyen de respirer l'île : c'est ici http://iloni.over-blog.com/

mardi, avril 08, 2008

URU

"Quoiqu'il arrive, il y a quelque chose qui n'arrive pas…
.. L'Unité Profonde des Choses est si profonde qu'elle est inaccessible au chercheur.
La situation est désespérée!

Le désespoir peut devenir profond, si profond qu'il devient inaccessible à toutes les choses.
La situation est désespérée!

Arrivés au fond du désespoir, vous vous dites, puisque l'on est "au fond", on va rencontrer l'Unité Profonde des Choses. Eh bien non ! vous êtes au fond mais… c'est comme cette histoire "elle habitait au 28, il habitait au 30, mais pas la même rue, pas la même ville". Eh bien, l'Unité et le désespoir, ce ne sont pas les mêmes profondeurs. Il n'y a pas de truc, il n'y a pas de Voie, il n'y a rien à atteindre. Abandonnez tout effort, vous ne trouverez jamais rien parce qu'il n'y a rien à trouver. A ce point du discours, il faudrait ajouter "vous ne trouverez jamais rien parce que tout est déjà là". Mais personne n'en sait rien. Alors, laissez tomber.
C'est votre seule chance"

Celui qui parlait était sec, avait des gestes lents dans des vêtements trop larges mais très propres; à chaque parole, il avançait le cou, légèrement. Il avait un seul disciple, un homme rond aux yeux ahuris, très grand et avec le menton en galoche. Ils allaient de ville en ville. C'était une époque lointaine, les gens étaient encore assez pauvres pour donner, du pain, un abri, un mot.
Lui, le prêcheur, n'avait accompli aucun miracle. On lui avait bien présenté quelques malades, quelques infirmes et trois imbéciles. Mais il n'avait rien su faire d'eux, ni les soigner, ni les aider, ni les instruire. C'est pourquoi dans chaque ville ou village où ils se rendaient, ils étaient précédés par une absence totale de réputation. Personne ne les connaissait, personne ne les attendait et ils repartaient ainsi, inconnus.
Quel âge avaient-ils ? Je ne sais pas.
D'où venaient-ils ? Le prêcheur avait un accent du Nord, c'est ce qu'on m'a dit.

Ils marchaient d'un pas vif, en silence souvent. Et à chaque village, il répétait le même discours. Même à ceux qui leur offraient l'hospitalité ils parlaient peu. Parfois ils disaient "il n'y a pas de vieillesse, pas de mort" et leur hôte se détendait "et il n'y a pas de fin à la vieillesse et à la mort" et on les entendait rire dedans eux.

Enfin, c'est ce qu'on m'a dit.




Tahiti beach. De l'autre côté de la colline il y a une maison à louer, avec un jardin et face à la mer. Disponible en Juillet, date à laquelle les baleines arrivent pour trois ou quatre mois avec leurs baleineaux.

vendredi, avril 04, 2008

ELENI

Je ne l'ai jamais vue. Est-elle petite ou grande ?
Je ne la connais pas mais
si elle existe elle est l'autre côté de moi, celui qui est beau

Elle ne parle pas d'elle, ou si peu
elle montre un éclat "tu vois ?"
puis elle s'en va

Elle était chinoise buvant le thé, américaine le temps d'un été
le reste du temps, Bouddha de glace !
Mais il n'y a pas d'eau, et il n'y a pas de Bouddha

Elle a sauvé ma vie dans la toile des motissés
il a suffi de la beauté qu'elle m'a donnée
Et pas de motendres, jamais

Je croiserai un jour le mot qu'elle tait
Si elle le dit, elle disparait
Promis, je me tairai

Elle doit avoir les yeux clairs d'après la neige
ou quand du temps a passé qu'on voudrait oublier.
C'est la douleur qu'on veut oublier
ou bien le Temps. Très clairs

Elle est l'autre côté de moi, si elle existe
Je ne la connais pas
Est-elle petite ou grande ? Je ne l'ai jamais vue

Chaque mot d'elle est un espoir que je goûte en silence
grain d'azur, de poivre noir, avec reconnaissance

Jusqu'à l'ultime atome
Je garde ces mots d'elle
Car elle est la seule à savoir qui je suis
Au delà des mots.



Autoportrait en slip