mardi, janvier 27, 2026

Hommage à Donald T., clown triste

 


Il y a quelques années, je vivais à Aix en Provence au premier étage d'un immeuble tout à fait quelconque. Une nouvelle voisine s'installa au rez de chaussée. C'était un été chaud et silencieux, tout le monde étant en vacances.

 Quelques temps plus tard, je lui écrivis cette lettre (jamais expédiée)

"Madame,

Vous vous êtes installée le 04 Août dernier dans l'appartement au dessous du mien. Je vous avais souhaité la bienvenue, tout allait bien, jusqu'au mois d'Octobre dernier (à peu près), moment auquel votre compagnon est revenu de voyage; ou bien vous avez fait sa connaissance à ce moment là.

Depuis je dois supporter vos hurlements de plaisir, le matin, en soirée et souvent la nuit, cela chaque jour y compris les week ends, pendant plus de vingt minutes à chaque fois (j'ai fait une moyenne). 

Vous comprenez que cela m'empêche de me reposer et je vous prie de bien vouloir trouver une solution plus respectueuse de votre voisinage, lequel est unanime à se joindre à ma demande.

Veuillez...."

 J'ai eu le plaisir de réécrire cette lettre, que j'ai retrouvée au fin fond d'un disque dur, en classant des fichiers. 

Voilà : 

"Madame, 

Croyez bien que je suis heureux de constater votre amour; mais avez-vous besoin de le confirmer encore et toujours? Avec des cris qu'on entend, j'en suis sûr, jusqu'à Saint Petersbourg, ou même à Singapour!  Je ne le crois pas.

Je comprends que votre amant est une champion poids lourd de l'amour - bien qu'il ressemble à Eric Zemmour; qu'il est loin d'être balourd et qu'il vous laboure comme on frappe un tambour, qu'il est capable de 1000 aller retours, chaque nuit et chaque jour. Mais quand même ! dois je faire un long discours pour demander un peu plus de... silence?

N'usez pas notre patience, faite preuve de tempérance, épargnez vos voisins de la résidence. Je vais vous faire une confidence, il se pourrait que votre concupiscence, dont la prédominance est une évidence, déclenche chez vos voisins une totale réticence. Peut-être pourriez-vous voir votre amant avec intermittence ? 

Bien sûr qu'elle est admirable votre jouissance, elle est immense.

Mais il me semble que votre amour arrive à un carrefour; L'amour n'est pas un concours! Apprenez à jouir d'une voix de velours. 

Faites rimer, s'il vous plait, amour, non pas avec tambour, mais avec silence."