Le Général KyHio Sahagakari l'avait compris, mais le jeune fou à qui il devait obéissance ne comprenait rien. Trop excité par l'odeur du sang. Sahagakari avait déconseillé d'attaquer là où la cavalerie serait embourbée dans les marécages. L'autre fou avait répliqué que justement personne ne s'attendrait à cette attaque là. Puis il avait ri, content de lui. Les flatteurs qui l'entouraient avaient ri aussi. Ils riaient quand le fou riait, grondaient quand il grondait, pleuraient quand il pleurait et se cachaient quand il fallait se battre.
Jeune fou ! C'était sa première bataille et ce serait aussi la dernière, son vieil ennemi Hoshô y veillerait, il était cruel.
Hoshô ! La vue du sang ne l'excitait plus, seuls la victoire et son cortège de pouvoir, de richesses et de femmes soumises ! Voilà ce qui l'excitait. Et de voir les hommes trembler. Il n'aimait pas KyHio Sahagakari, mais ne le méprisait pas comme il méprisait tout le monde, admirant son courage et sa fidélité.
Il savait que celui-ci vaincu se couperait le ventre juste avant le grand silence qui suit les batailles, puis son assistant lui trancherait la tête.
Une idée réjouissante, se dit Hoshô, réjouissante, autant que l'idée de prendre comme concubine la belle Taïko, si douce, la propre fille de son ennemi.
Cette idée, pour la première fois de la journée, fit sourire le général.
le départ
